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Liban: le Hezbollah protège les assassins de Hariri

Slate.fr, mis à jour le 31.07.2011 à 12 h 02

Des partisans du Hezbollah célèbrent la visite de Mahmoud Ahmadinejad, le président iranien Sharif Karim / Reuters

Des partisans du Hezbollah célèbrent la visite de Mahmoud Ahmadinejad, le président iranien Sharif Karim / Reuters

Il reste onze jours aux autorités libanaises pour appliquer le mandat d'arrêt international contre les quatre suspects del'assassinat de l'ex-Premier ministre libanais Rafic Hariri. Mais il est très peu probable que Beyrouth s'éxecute.

Voilà pourquoi le Tribunal spécial de l'ONU (TSL) créé pour enquêter sur l'assassinat le 14 février 2005 du Rafic Hariri et de 22 autres personnes dans un attentat à la bombe a fait monter la pression en publiant sur son site les noms, les photos et le parcours politique des quatre principaux suspects. Un mandat d'arrêt international a été lancé contre eux le 8 juillet.

Le procureur Daniel Bellemare a fait une demande en ce sens, faisant valoir que «rendre publiques les informations requises pourrait augmenter les chances d'appréhender les accusés». Les suspects sont: Salim Ayyash, 47 ans, Moustafa Badreddine, 50 ans, Hussein Anaissi, 37 ans et Assad Sabra, 34 ans. Ils sont tous membres du Hezbollah, le mouvement politique et militaire intégriste chiite lié à l'Iran et à la Syrie qui a pris au cours des derniers mois le contrôle du gouvernement libanais.

Ayyash et Badreddine sont accusés de meurtre prémédité, de tentative de meurtre, d'avoir participé à un complot et d'avoir commis un acte terroriste. Anaissi et Sabra sont aussi accusés de complot et devront répondre pour complicité. Moustafa Badreddine est le beau-frère d'Imad Moughniyeh, le chef militaire du Hezbollah tué en 2008 dans une attentat à la voiture piégée à Damas, en Syrie.

Les quatre hommes ont en fait depuis longtemps disparu et seraient d'après plusieurs analystes réfugiés en Iran où la République islamique leur offrirait sa protection. Trois des quatre accusés étaient domicilés au sud de Beyrouth dans le quartier de la ville contrôlé par le Hezbollah.

Le 30 juin, le tribunal de l'ONU avait remis un acte d'accusation sous scellés et quatre mandats d'arrêt au procureur général à Beyrouth. «L'échéance fixée aux autorités libanaises pour rendre compte des progrès effectués dans l'exécution des mandats d'arrêt tombe le 11 août», a indiqué le tribunal dans un communiqué.

Mais le chef du Hezbollah libanais, Hassan Nasrallah, a ouvertement refusé de se conformer aux demandes du tribunal international et de livrer ses hommes.  Il considère que le Tribunal est «aux mains des Etats-Unis et d'Israël». «Ils ne les trouveront pas ou ne les arrêterons pas dans les 30 ou 60 jours, dans un an, dans 2 ans, dans 30 ans ou dans 300 ans», a-t-il affirmé.

Voilà qui ne pas réduire la tension au Liban symbolisée par un attentat le 26 juillet qui visait des casques bleus français de l'ONU et qui est interprêté comme une réponse du Hezbollah à la volonté française de soutenir l'opposition au régime syrien de Bachar El Assad qui réprime depuis des mois dans le sang les manifestations contre lui.

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