France

Vente de matériel militaire: Guéant aurait validé des commissions illégales

Slate.fr, mis à jour le 29.07.2011 à 18 h 20

Claude Guéant à l'Assemblée nationale, le 1er mars 2011. REUTERS/Jacky Naegelen

Claude Guéant à l'Assemblée nationale, le 1er mars 2011. REUTERS/Jacky Naegelen

Le site d’investigation en ligne Mediapart a publié jeudi 28 juillet un nouveau volet de son enquête sur l’homme d’affaires et marchand d’armes Ziad Takieddine, impliqué dans l’affaire Karachi et dont les connexions avec les plus hautes autorités françaises ne cessent de se préciser.

Mediapart avait déjà dénoncé la «vaste entreprise de dissimulation et de fraude fiscale pour échapper à l'impôt» de cet homme au parcours et aux activités troubles, et sa proximité avec de nombreuses personnalités politiques françaises, notamment Jean-François Copé, Valérie Pécresse ou encore Brice Hortefeux.

Ce nouvel article des journalistes Fabrice Arfi et Karl Laske tente de faire la lumière sur le rôle joué par le ministre de l'Intérieur Claude Guéant, ancien directeur de cabinet de Nicolas Sarkozy au ministère de l’Intérieur puis secrétaire général de l’Elysée, dans des transactions entre la France et la Libye de Kadhafi de 2005 à 2007.

En cause, une commission de 4,5 millions d’euros versée à Takieddine avec l’appui du ministère de l’Intérieur en 2007 sur la vente de matériel de surveillance et de brouillage électronique à la Libye, des faits qui «engagent bien évidemment la responsabilité de l'ancien ministre de l'Intérieur et actuel président de la République, Nicolas Sarkozy», selon Mediapart. Or les commissions sur de tels contrats sont interdites depuis 2000.

La vente en elle-même est-elle illégale? Olivier Tesquet, journaliste chez Owni (et anciennement chez Slate.fr) expliquait dans un article de juin dernier qui révélait déjà l’existence de contrats sur du matériel militaire électronique avec la Libye que ceux-ci nécessitent en théorie l’aval d’une commission CIEEMG. Cette commission est composée des ministères des Affaires étrangères, de la Défense et des Finances, mais pas du ministère de l’Intérieur, qui est pourtant celui qui a supervisé l’opération selon Mediapart.

Mediapart accuse également Claude Guéant d’avoir menti en affirmant devant une commission d’enquête parlementaire que la libération des infirmières bulgares s’était dénouée «sans aucune contrepartie», alors qu’il «apparaît que la conclusion de plusieurs contrats, notamment d'armement, ont été au cœur des accords passés», selon Fabrice Arfi et Karl Laske.

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