Culture

Un député UMP veut contrôler le rap «issu de l'immigration»

Slate.fr, mis à jour le 27.07.2011 à 13 h 58

Orelsan (rappeur), Paris, Nicolas Esposito via Flickr, CC-Licence-by

Orelsan (rappeur), Paris, Nicolas Esposito via Flickr, CC-Licence-by

Michel Raison, député UMP de Haute-Saône, a demandé au ministère de la Culture quelles mesures il entendait prendre afin de «contrôler la diffusion de certaines œuvres musicales» écrites par des groupes «issus de l'immigration», relate Numerama.

Le député auteur de la question, consultable en ligne, souhaite attirer l'attention du ministre sur «les chansons écrites par certains groupes de musique rap issus de l'immigration». Et argue que «sous couvert de la liberté d'expression, ces groupes se livrent à de véritables appels à la haine raciale et religieuse en proférant des paroles obscènes, racistes et misogynes».

Selon le député, ces groupes «bafouent les valeurs fondamentales de respect et de liberté qui fondent notre démocratie», et risquent d'être «écoutés par des jeunes en pleine construction qui n'ont pas forcément la maturité nécessaire pour prendre du recul par rapport à de tels propos».

Ce n'est pas la première fois que la question est posée à l'Assemblée, précise Numerama. En effet, à plusieurs reprises au cours des derniers mois, des députés UMP avaient déjà interpelé le garde des sceaux, ministre de la Justice et des Libertés à ce sujet, mais de manière moins directe que Michel Raison (notamment par la mise en cause vague de «certains groupes musicaux» alors que Michel Raison cible le rap).

Un des questions ayant reçu une réponse pour l'instant est celle d'Alain Marc, député UMP de l'Aveyron. La réponse, assez claire, précisait d'une part que ces chansons étaient soumises à «la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse qui prévoit notamment des règles particulières de prescription», et qu'il «est de jurisprudence constante que le délai de prescription de trois mois applicable à ces faits court à compter de la première diffusion des propos et ne se prolonge pas aussi longtemps que les textes demeurent accessibles».

D'autre part qu'«à ce jour, plusieurs procédures judiciaires, comme récemment à Pontoise ou à Paris, ont été diligentées suite à la diffusion de chansons dont le contenu était susceptible de tomber sous le coup d'une qualification pénale, procédures qui ont parfois donné lieu à condamnation».

Enfin, une autre réponse à une question équivalente du député UMP Jean Bardet du Val d'Oise, parue en avril 2011, considérait le sujet comme «très important» mais «dont dont le traitement par les autorités publiques s'avère cependant particulièrement difficile». Il conseillait aux «professionnels agissant aux côtés des artistes» d'être «attentifs à la manifestation de ces comportements», ou pour résumer de laisser les maisons de disques «attirer l'attention des créateurs sur le respect des repères de déontologie et sur leur responsabilité» concernant les paroles.

Au final, rappelait Numerama, aucun artiste n'a été condamné.

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