Monde

Duisburg, un an après

Temps de lecture : 2 min

Love Parade 2007 - The Zivity Float via Flickr, Licence CC

Duisburg, 24 juillet 2010. Alors que Duisburg, ville de la Ruhr, s’apprête à recevoir la Love Parade et son million de ravers, un violent mouvement de panique tue 24 personnes et en blesse plus de 500.

Un an plus tard, la presse allemande revient sur la tragédie, à commencer par le tabloïd Bild, qui, en marge d’un diaporama d’une cinquantaine de photos, décrit minute après minute «une des catastrophes les plus graves jamais survenues en Allemagne»

À l’aide de personnes engagées dans la renaissance de Duisburg, le quotidien Die Zeit fait le portrait d'une ville encore choquée:

«Tous s’accordent sur une chose; Duisburg est déchirée entre un ardent besoin de sérénité et une colère contre un maire qui s’accroche à son mandat.»

Ce maire, c’est Adolf Sauerland, un ancien instituteur barbu, accusé de n’avoir su trouver les mots au lendemain du drame. Il dirige l’un des derniers bastions CDU de la Ruhr. Pour ce triste anniversaire, la Frankfurter Allgemeine Zeitung, conservatrice, commence par un portrait assez flatteur de l’homme:

«Dans ces dernières années, Sauerland a beaucoup fait. (…) Pour redonner vie à leur centre-ville décrépi, les habitants ont eu le droit d'élaborer des plans visionnaires. Le port fluvial est aujourd’hui un vrai bijou.»

Mais le journal ne manque pas d’évoquer Werner Hüsken, un habitant de Duisburg qui, deux jours après la catastrophe, a rassemblé 10.000 signatures pour le départ immédiat de Sauerland. Aujourd’hui, 30.000 personnes ont signé la pétition. La FAZ poursuit:

«Plus le temps passe, et plus le maire s’accroche à la croyance selon laquelle son administration n’a commis aucune erreur. (…) Pour lui, rester au pouvoir est la seule façon d’assumer sa responsabilité. Une théorie absurde, selon le pétitionnaire.»

Hormis les détracteurs du maire en place, la Zeit a interrogé Uwe Gerste, PDG de «Duisburg Marketing», une société chargée de vendre l'image de la ville. En douze mois, son job s’est un peu compliqué. Non sans humour noir, le quotidien raconte son premier faux-pas:

«Quelques jours après la catastrophe, le site de sa société accueillait encore les visiteurs avec cette citation de l’architecte Norman Foster: “Duisburg is the place where things really happen.”»

Plus tard, il a dû changer tous ses prospectus intitulés «Vivre Duisburg» par un simple «Duisburg». Et un an plus tard, l’homme ne semble pas toujours pas être devenu expert en finesse. La Zeit décrit sa dernière idée en date:

«“Le problème n’est pas tant ce que les autres pensent de Duisburg, mais ce que les habitants eux-mêmes pensent de leur ville.” Afin de renforcer l’identité de la ville et de persuader ses concitoyens qu’“il n’y a plus raison d’avoir honte”, sa société s’est mise à vendre des t-shirts, des mugs et des briquets “I love Duisburg”.»

Slate.fr

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