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Les hommes pourraient bientôt prendre la pilule

Slate.fr, mis à jour le 25.07.2011 à 14 h 53

Big Man Big Stomach/mikebaird via Flickr cc

Big Man Big Stomach/mikebaird via Flickr cc

Les méthodes contraceptives à destination des hommes ne se limiteront bientôt plus au préservatif et à l’irrémédiable vasectomie, rapporte le New York Times.

Les chercheurs s’intéressent de plus en plus au contraceptif masculin qui, selon eux, promet d’être sûr, efficace et surtout réversible. Ainsi, de nombreuses méthodes sont en cours d’évaluation sur des hommes volontaires. L'un d'entre eux a testé plusieurs traitements permettant d’abaisser son nombre de spermatozoïdes au point d'empêcher toute reproduction. Quelques semaines après l’arrêt du traitement, sa fertilité est revenue et il a été capable de concevoir une fille avec son épouse. «Je n’hésiterais pas à prendre ce type contraceptif sur le long-terme», affirme-t-il.

La recherche sur la contraception masculine ne date pas d’hier, mais jusqu’ici, aucune méthode ne s’est avérée aussi sûre et efficace que celles utilisées par les femmes, et rien n’indiquait que les hommes soient prêts à suivre ce genre de traitement.

Mais selon Diana L. Blithe, responsable du développement des contraceptifs à l’Institut national du développement humain, aujourd’hui «les hommes en veulent vraiment». La frilosité envers le sujet se serait dissipée et, désormais, les financements publics affluent.

Neutraliser les spermatozoïdes

Actuellement, la méthode la plus étudiée aux Etats-Unis est celle d’un traitement mêlant testostérone et progestagène qui envoie au corps un signal d’arrêt de le production de spermatozoïdes. Toutefois, la technique ne fonctionne pas chez tout le monde et des problèmes d'effets secondaires restent à résoudre. La recherche s’oriente donc vers d’autres pistes permettant l’arrêt de la production, de la maturation ou de la mobilité des spermatozoïdes.

L’une des pilules potentielles pour l’homme s’appelle gamendazole. Ce dérivé d’un médicament anti-cancéreux interrompt la maturation des gamètes. L’homme traité fabrique alors des «spermatozoïdes non-opérationnels», explique Gregory S. Kopf de la faculté de médecine de l’université du Kansas. Des discussions sont en cours avec la FDA, l’administration chargée d’autoriser la mise sur le marché des médicaments, pendant que des tests sont réalisés sur des rats et les singes.  

Aussi simple qu'une piqûre dans le scrotum

D’autres techniques, moins séduisantes, sont aussi étudiées, comme celle consistant à faire monter la température les testicules à l’aide d’ultrasons, ce qui permet de stopper la production de gamètes pendant plusieurs mois.

Elaine Lissner, directrice du projet Informer sur la contraception masculine, imagine un monde où «tous les six mois, vous prenez votre voiture pour aller faire une vidange, puis vous allez juste à côté recevoir vos ultrasons pour 50 dollars».

L’une des techniques les plus prometteuses s’appelle RISUG et vient d’Inde. Selon Gizmag, elle serait efficace à 100%, ne contiendrait pas d’hormone et pourrait durer minimum dix ans. Il s’agit d’injecter un polymère non-toxique au-dessus du scrotum, au lieu d’inciser comme dans le cas d’une vasectomie, ce qui permet de rendre les spermatozoïdes «chimiquement incapables» de fertiliser un ovule. Le gros avantage de cette procédure c'est qu'elle est réversible, à tout moment, grâce à une seconde injection annulant les effets de la première.    

L’ensemble de ces méthodes fonctionnent en moyenne sur 95% des hommes. La raison de leur inefficacité chez certains individus reste pour le moment inconnue.  La prudence est de mise, surtout quand il s’agit d’absorber des hormones, notamment la testostérone. Certains médecins craignent que les effets secondaires puissent être trop gênants (acné, pulsions sexuelles, troubles de l’humeur), voire dangereux quand il s’agit de conséquences sur le cœur, la prostate ou les taux de cholestérol, rappelle le New York Times. 

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