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L'avenir de la conquête spatiale entre les mains des robots

Slate.fr, mis à jour le 22.07.2011 à 15 h 36

Robby The Robot Box/modern_fred via Flickr cc

Robby The Robot Box/modern_fred via Flickr cc

Et si la mise en retraite des navettes spatiales américaines marquait le début d’une nouvelle conquête spatiale entièrement robotisée?  Selon Computer World, à défaut de pouvoir envoyer des humains dans l’espace, la Nasa mise gros sur la robotique.

Les navettes spatiales et la Station spatiale internationale (ISS) utilisent depuis longtemps des bras robotisés permettant de manœuvrer des charges très lourdes au moment des sorties dans l’espace des astronautes. Les robots ont ainsi joué un rôle essentiel dans le succès des deux programmes. «Je ne pense pas que les navettes spatiales auraient aussi bien réussi leurs missions sans la robotique, explique Brian Roberts, un spécialiste des robots au Centre de vol spatiaux Goddard, et on aurait certainement pas pu assurer la maintenance sur le télescope Hubble comme on l’a fait.» En effet, les astronautes en apesanteur n’auraient pas été en capacité de réaliser les même travaux. C’est «tout simplement impossible», affirme-t-il. 

Toujours selon Brian Roberts, les robots vont désormais assurer l’exploration de l’espace plus lointain. En prenant, par exemple, des échantillons sur les astéroïdes ou en poursuivant l’étude de la surface martienne. Si les humains retournent sur la Lune ou mettent le pied sur Mars, les robots vont probablement les devancer afin d’installer des avant-postes pouvant être habités. Leur mission sera alors, entre autres, de «creuser des puits pour capter de l’eau» ou de «protéger le site» contre les conditions extrêmes.

Pour le scientifique américain, nous allons assister à de «grandes avancées» en robotique et cette technologie sera la clé de la poursuite de la conquête de l’espace. Il assure que la Nasa se concentre sur le sujet:

«Nous sommes en train d’étudier le rôle que peuvent avoir les robots seuls, avec les humains, et ce qu’ils feront sur place après le départ des humains.»

Selon le programme spatial décidé par l’administration Obama, les entreprises privées seront chargées de développer des «taxis spatiaux» pour les aller-retour Terre-espace, pendant que les ingénieurs de la Nasa s’attacheront à concevoir les robots de l’espace. Si les grandes orientations sont données, les questions restent néanmoins nombreuses, constate Brian Roberts:

«De quel degré d’intelligence doit-on doter les robots pour qu’ils travaillent convenablement avec les humains? Comment travailleront-ils côte-à-côte? Comment éviter qu’ils ne blessent un humain si l’un de leurs capteurs tombe en panne?»

En 2008, le directeur de la recherche de la Nasa et ancien astronaute Carl Walz avait déclaré que l’exploration de l’espace allait être «transformée» par la participation des robots.

Robots 2 - Humains 1

Sur son blog, Cynthia Phillips, chercheuse au Seti et auteure de L’exploration spatiale pour les nuls, explique qu'il y a «vraiment peu de choses dans les programmes d’exploration du système solaire que les robots ne peuvent pas faire». L’avantage des machines c’est qu’elles «ne se plaignent pas et n’ont pas besoin d’un système de survie», relève-t-elle. Elles n’ont pas besoin de nourriture ou d’eau et peuvent supporter un niveau de radiations beaucoup plus élevé. «Surtout, ajoute la scientifique, elles n’ont pas besoin de rentrer à la maison à la fin de la mission».

Ce dernier facteur est déterminant, car un aller simple coûterait moitié moins en carburant. Dans l’état actuel des choses, l’être humain ne peut pas lutter: 

« Même si on sait qu’il y aurait plein d’astronautes volontaires pour une mission sans retour vers Mars, c’est peu probable que la morale et l’éthique nous permettent d’organiser ce genre d’aventure.»

Selon la chercheuse du Seti, les robots explorateurs tels que Spirit et Opportunity ont déjà «gagné les cœurs et les esprits», peut-être grâce à leur «apparence anthropomorphique»,  car en matière d’exploration spatiale, il ne faut pas sous-estimer  le «facteur de "mignoncité"» affirme-t-elle. «Les traces de chenilles sont ce que nous avons de plus proche des empreintes de pas sur la surface d’une autre monde.» Les robots sont allés sur Mars, mais aussi Vénus, Titan, Jupiter… «Mais peut-on dire que l’on a vraiment exploré ces mondes?», se demande-t-elle.

Mais le facteur le plus déterminant, c’est celui de l’argent. Les missions robotisées coûtent beaucoup moins cher que celles menées par des humains:

«Pour le prix du mission où deux astronautes passent quelques jours ou semaines sur Mars, vous pouvez payer une armée de robots capables de passer la surface martienne au peigne fin pendant des années.»

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