On débattait déjà du changement climatique au XVIIIe siècle

Thomas Jefferson peint par Charles Willson Peale en 1791

On se préoccupait déjà du changement climatique au XVIIIe siècle raconte le Smithsonian Magazine. Les acteurs clefs de ce premier débat? Le 3e président des Etats-Unis, Thomas Jefferson et Noah Webster.

Thomas Jefferson, passionné de météorologie, a tenu dès 1776 un journal dans lequel il notait les températures et les écarts de degrés pouvant exister entre les mois et les années. En 1787, il a publié des conclusions provisoires, fondées à la fois sur ses notes et sur des témoignages de personnes âgées:

«Notre climat change de façon très significative (…) Les chutes de neige sont moins fréquentes et moins intenses qu’avant...»

Il a dès lors été considéré comme fondateur d’un premier postulat sur le changement climatique jusqu’à ce que Noah Webster vienne bouleverser le débat. On peut lire sur ECHO underway que Webster s’était donné pour mission d’évaluer la pertinence d'un lieu commun de l’époque, consistant à dire qu’il faisait plus chaud en hiver que lors des «anciens temps». En 1810, il a publié les résultats de ses recherches dans l’ouvrage On the supposed change of  in the temperature of winter (A propos d'un changement présumé des températures hivernales):

«Il semble que la météo de nos hivers “modernes” soit moins constante que lorsqu’il y avait plus de forêts sur terre(…) que le climat assez chaud de l'automne empiète sur les mois d'hiver que et le froid de l'hiver s’étende jusqu’au printemps (…) que le vent étant plus variable, la neige soit moins présente. Ces effets semblent résulter de la plus grande quantité de chaleur accumulée dans le sol en été, puisqu’il est plus exposé aux rayons du soleil. Mais on peut difficilement en déduire que nos temps modernes sont victimes d’une diminution réelle du froid en hiver, du fait que ces hypothèses sont déduites de faits qui n'ont pas encore été avérés.»

Webster s'est ainsi opposé aux méthodes de Jefferson «qui ne [semblait] pas (posséder) son propre argument mais celui de personnes âgées», en identifiant clairement la déforestation comme une variable explicative du changement climatique.

Si, au XXe siècle et XXIe siècle, le débat s’est déplacé en soutenant que l’activité humaine est la cause majeure du changement de climat, Kenneth Lloyd Thompson, chercheur à l'université California de Davis, juge que les travaux de Webster ont grandement contribué à fonder la climatologie moderne, conclut Smithsonian.com.

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Publié le 23/07/2011
Mis à jour le 26/07/2011 à 12h17