Monde

Au Guatemala, un gouffre s'ouvre sous son lit

Slate.fr, mis à jour le 22.07.2011 à 12 h 24

En 2010, un trou était déjà apparu à un carrefour de la ville de Guatemala. REUTERS

En 2010, un trou était déjà apparu à un carrefour de la ville de Guatemala. REUTERS

La ville de Guatemala est construite sur des dépôts volcaniques. En conséquence, il n'est pas rare que des trous de tailles diverses se forment, notamment à la suite de pluies diluviennes.

C'est ce qui s'est produit chez Inocenta Hernandez, relate The Guardian. La maison de cette femme de 65 ans a été la dernière victime de ce phénomène.

«Quand on a entendu un grondement énorme, on a pensé qu'une bonbonne de gaz avait explosé dans une maison voisine, ou qu'il y avait eu un accident dans la rue», raconte Inocenta Hernandez.

«On est alors sortis rapidement, mais on n'a rien vu. Un homme m'a dit que le bruit était venu de ma maison, alors on a cherché, et finalement trouvé [le trou] sous mon lit.»

Selon un reporter de l'AFP, le trou serait estimé à 12,2 mètres de profondeur, et 80 centimètres de diamètre.

«Heureusement qu'il n'y a que des dommages matériels, parce que mes petits-enfants couraient dans la maison, y compris dans cette pièce et dans le patio», précise encore Inocenta Hernandez.

Les autorités locales (dont le maire de la ville) invoquent souvent le mauvais état du système d'égouts (qui date d'il y a presque 40 ans) et les fortes pluies pour expliquer ce phénomène, qui avait fait plus de dégâts en 2010.

Le 31 mai en effet, un trou géant de 20 mètres de diamètre et profond d'une trentaine de mètres était apparu à un carrefour de la ville. Il était dû cette fois aux pluies de l'ouragan tropical Agatha. Cent cinquante-deux personnes étaient mortes au Guatemala, et l'ouragan avait conduit à la disparition de plus d'une centaine de personnes ainsi qu'à l'évacuation de plus de 125.000 habitants du pays.

La raison exacte pour laquelle ces trous sont apparus (un autre effondrement avait eu lieu en 2007, relate The Guardian) est encore mystérieuse.

Brian Palmer expliquait, en 2010 que ces «cratères» allaient continuer à apparaître:

«Quelle que soit la solution adoptée pour boucher ce cratère, d'autres cratères verront le jour. La situation géographique de Ciudad de Guatemala et son système de canalisations d'eaux usées qui fuient la rendent particulièrement vulnérable à ce type de phénomène. La capitale s'étend en contrebas de sept grands volcans, dont deux sont des membres actifs de la ceinture de feu du Pacifique. Pendant des centaines de milliers d'années, la gigantesque caldeira Amatitlán a craché des cendres volcaniques qui sont retombées à l'endroit où se dresse aujourd'hui la ville. Conséquence, le soubassement local est principalement composé de pierre ponce volcanique instable (la plupart des villes sont construites sur des dépôts volcaniques, mais la cendre de l'Amatitlán n'a pas eu le temps, ni les conditions de pression et de température nécessaires, de se comprimer pour former des fondations solides).»

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