Monde

Des casques verts pour l'ONU?

Temps de lecture : 2 min

l'emblème de l'ONU

L'ONU doit-elle agir contre le changement climatique, au même titre qu'elle lutte contre les guerres?

Dans le cadre d’une réunion spéciale sur le climat, le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-Moon a pris position en affirmant que le changement climatique était une menace pour la paix et la sécurité mondiale, rapporte The Guardian mercredi 20 juillet.

Il existe en effet deux principaux problèmes liés au climat et pouvant nuire à la sécurité internationale: l’élévation du niveau de la mer et la raréfaction des ressources. Le débat s'est organisé autour de plusieurs questions. D’abord celle de savoir si les problèmes environnementaux devaient faire partie du champ d’action de l’ONU, étant donné que son but est d’assurer la paix et la sécurité mondiale. Puis, celle des types d’actions que l’organisation pourrait effectuer au nom d’une sécurité internationale menacée par le changement climatique, et notamment sur l’éventualité de «casques verts», qui interviendraient en cas de catastrophe environnementale. Ils seraient juxtaposés aux traditionnels «casques bleus».

Ces enjeux divisent les pays membres de l'ONU.

D’un côté, l’Allemagne, qui a ouvert la séance, a jugé qu'une action de l'ONU dans ce domaine serait «prématurée». Peter Wittig, ambassadeur allemand à l’ONU, doute de l’efficacité d’éventuels «casques verts», dont il pense que l’action ne pourra pas être bien différente que celle des actuels casques bleus:

«C’est trop tôt pour penser sérieusement à une action du Conseil de sécurité concernant les changements climatiques. Ce n’est clairement pas au programme.»

D’un autre côté, les Etats, et particulièrement les îles, directement menacés par la montée des eaux, tels que les Seychelles ou les Maldives, étaient représentés par Marcus Stephen, le président du Nauru. Il a affirmé que depuis longtemps, ces pays faisaient pression sur l’ONU pour que le changement climatique soit classé au rang de priorité internationale. Dans une tribune au New York Times, il explique que selon lui, le climat est «une menace aussi importante que la prolifération nucléaire ou le terrorisme international».

Mais pour la Chine ou la Russie, les problèmes environnementaux ne sont pas de la compétence de l'ONU et doivent donc être laissés à des experts.

L’ambassadrice des Etats-Unis à l’ONU a déploré ces divisions: «C’est pathétique, borné et franchement c’est un manquement à notre devoir», a-t-elle affirmé. Les membres de la réunion n’ont donc pas tranché, reportant le débat à la prochaine conférence de l'ONU sur le climat, qui se tiendra en décembre 2011 à Durban.

Slate.fr

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