Monde

La propagande communiste, recette du succès des films chinois

Slate.fr, mis à jour le 19.07.2011 à 9 h 16

Capture d'écran du film The Beginning of the Great Revival

Capture d'écran du film The Beginning of the Great Revival

Pour qu’un film soit un succès commercial, de deux choses l’une, selon The Economist: soit on fait comme Hollywood, en misant sur les stars et la distribution, soit on fait comme Pékin, qui en plus de s’appuyer sur ces éléments a pour arme secrète le Parti communiste chinois.

Selon l’hebdomadaire britannique, The Beginning of The Great Revival, sorti il y a un mois en Chine pour le 90e anniversaire du PCC, fait un carton grâce à la propagande qu’il fait du parti au pouvoir.

Explication: les films concurrents comme Transformers 3 ont été bloqués à sa sortie, certaines entreprises publiques ont obligé leurs employés à se rendre dans les salles obscures pour le voir, et les écoles ont organisé des excursions pour que leurs élèves puissent découvrir les exploits du jeune Mao Tsé-Tung. Les ministères ont «déployé des quantités de derrières diplomatiques pour s’asseoir sur les sièges de cinéma, selon The Economist.

Le succès du film a été remis en question par ceux qui croient que le gouvernement de Pékin manipule les chiffres du box-office comme l’ont rapporté les Inrockuptibles, mais atteindre le succès par ces méthodes ne semble pas tout à fait invraisemblable... D’autant que toute critique négative était censurée.

The Economist rapporte que le China Film Group, le plus grand producteur chinois qui a coproduit le blockbuster avec une plus petite entreprise dont il est actionnaire, investit énormément dans les films patriotiques afin de gagner de l’argent facile.

L’entreprise a ainsi produit Nanking Nanking, une fresque historique retraçant la résistance des Chinois au Japon pendant la Seconde Guerre mondiale ou La Fondation d’une République, sur l’arrivée a pouvoir du PCC en 1949.

Etant donné que les acteurs –même les stars– n’attendent pas d’être bien payés pour ce type de film, la rentabilité de ces oeuvres de propagande est considérable. La Fondation d’une République a ainsi coûté 30 millions de yuan (3,3 millions d’euros) et en a rapporté 420 millions (46 millions d’euros), The Beginning of a Great Revival a coûté 80 millons (8,8 millions d’euros) et a rapporté 340 millions de yuan (37,4 millions d’euros) pour l’instant.

Comme il n’y a pas de protection de copyright, les revenus d’un film se font quasiment exclusivement sur les entrées de cinéma, dont le prix est très élevé (80 yuan, presque 9 euros). Pas étonnant, donc, que les Chinois soient donc fortement invités à se rendre aux séances des films qui font l’éloge du système.

Slate.fr
Slate.fr (9125 articles)
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour réaliser des statistiques de visites, vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêt et nous suivre sur les réseaux sociaux. > Paramétrer > J'accepte