Economie

David et Victoria Beckham dans le collimateur des écolos anglais

Slate.fr, mis à jour le 18.07.2011 à 17 h 34

Au mariage du prince William et de Kate Middleton, le 29 juin. REUTERS/Kai Pfaff

Au mariage du prince William et de Kate Middleton, le 29 juin. REUTERS/Kai Pfaffenbach

Née il y a tout juste sept jours, Harper Seven Beckham n’est pas la bienvenue partout. On peut supposer que ses parents, David (célèbre joueur de foot britannique, gravure de mode à ses heures perdues) et Victoria (ancienne chanteuse et mannequin pour journaux people), ont accueilli cet enfant, leur quatrième, avec joie. Ce n’est pas le cas de certaines associations environnementales.

Rassurez-vous, les looks des Beckham ne sont pas dans leur collimateur, mais leur conception de la famille, contraire à l'idée que ces associations se font du développement durable. Car, pour ces environnementalistes, la planète n’a pas assez de ressources pour tous nous nourrir. Et avoir quatre enfant est tout simplement irresponsable.

The Guardian nous apprend ainsi que la député écologiste Caroline Lucas souhaiterait briser «l’absurde tabou de la taille des familles britanniques»:

«Nous devons débattre de la démographie, savoir si nous devons nous concentrer sur la nécessité d’améliorer le contrôle des naissances, ou réduire les inégalités, et à nouveau réfléchir à nouveau à notre façon d’aborder la tension sur nos ressources naturelles.»

Egalement mal vus par certaines associations, le maire de Londres Boris Johnson (quatre enfants également), et la politique du gouvernement britannique, qui ne réussit pas à faire diminuer le taux de grossesses non désirées et qui devrait limiter ses allocations familiales aux deux premiers enfants. Un des plus virulents anti natalistes du royaume, Simon Ross, du Optimum Population Trust, estime qu’inverser cette politique serait «un signal clair en faveur de familles labellisées développement durable».

Il n’y a pas qu’en Grande-Bretagne que les idées malthusiennes se développent. Il y a deux ans, le député des Verts Yves Cochet avait déclaré, lors d'un colloque de la revue de la décroissance Entropia qu'un enfant européen avait «un coût écologique comparable à 620 trajets Paris-New York» en avion. Pour baisser la facture, assurait-il, il faudrait faire voter une directive «grève du troisième ventre» qui inverserait l'échelle des prestations familiales.

Thomas Robert Malthus avait développé sa célèbre théorie à la fin du XIXe siècle: vu que la population croît plus vite que la production de ressources, les famines, les épidémies et les guerres «rééquilibreront» inévitablement la situation. En 1972, le Club de Rome avait parrainé la publication du rapport Halte à la croissance?, une étude qui prédisait une catastrophe malthusienne vers l’an 2000 et un épuisement du pétrole en 1992.

Alors que la population mondiale devrait atteindre officiellement sept milliards d’habitants le 31 octobre 2011, certains s’opposent à cette vision de la société, même si l’alimentation reste un problème de très grande ampleur. Ainsi, écrivait Moses Naïm dans Slate, «il est aujourd’hui évident que Malthus et les siens ont sous-estimé l’impact des nouvelles technologies» :

«Ainsi, en 20 ans, la «révolution verte» a permis de doubler la production de céréales dans les pays pauvres. En règle générale, nous produisons aujourd’hui une quantité d’aliments par habitant bien supérieure. Et de plus en plus de technologies permettent d’exploiter des ressources naturelles auparavant inaccessibles.» 

Qui aurait imaginé les Beckham au cœur d’un tel enjeu de société?

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