Monde

Vladimir Poutine, un «envoyé de Dieu»?

Slate.fr, mis à jour le 23.02.2012 à 11 h 23

Vladimir Poutine/www.kremlin.ru. via Wikimedia Commons

Vladimir Poutine/www.kremlin.ru. via Wikimedia Commons

On connaissait Poutine l'Aventurier, Poutine, l'homme qui fait rêver les étudiantes russes, Poutine l'homme que Naomi Campbell trouve tellement «en forme», Poutine «l'homme politique le plus cool». Voici maintenant Poutine l'«envoyé de Dieu».

C'est le chef adjoint de l’administration présidentielle et idéologue du régime russe, Vladislav Sourkov, qui a déclaré que le Premier ministre russe a été envoyé par Dieu, rapporte l’agence de presse Reuters. Il s'exprimait devant la télévision tchétchène lors d'un déplacement:

«Honnêtement, je pense que Poutine est un homme que Dieu et le destin ont envoyé à la Russie alors qu'elle connaît une période difficile.»

Reuters rappelle qu'il y a deux mois, une secte avait déjà affirmé que Poutine est un «saint» et un «sauveur». Un porte-parole avait alors déclaré que Poutine «n'approuve pas ce genre d'admiration».

L’ancien président (2000-2008), aujourd'hui encore incontournable Premier ministre, fait l'objet d'un culte en Russie. Déjà en 2002, un article de libération.fr titrait «Poutine, objet d’un drôle de culte», et racontait comment sa cote de confiance avait pu atteindre les 75% alors même que seuls 3% des Russes soutenaient sa politique. L'article dressait le portait d'un homme attisant la fascination (à l'époque, il était président):

«On le peint, on le sculpte, et il n'est de journal télévisé qui ne commence sans mettre en avant son activité du jour, si mineure soit-elle.»

Les honneurs dépassent les frontières russes. Alors que l’élection présidentielle russe doit se tenir en mars 2012, RFI raconte que le prix Quadrige vient d’être décerné à Vladimir Poutine ce mardi 12 juillet. Ce prix est remis chaque année depuis 2003 le 3 octobre, le jour de la fête nationale allemande commémorant la réunification de 1990 à une personnalité internationale servant des valeurs et figure exemplaire. Le choix de Poutine ne fait pas l'unanimité. Le délégué aux droits de l’homme du gouvernement allemand, Markus Löning, dénonce la décision des responsables du prix Quadrige:

«C'est une décision cynique. A la tête de l'Etat russe et aujourd'hui comme Premier ministre, Poutine a remis la démocratie en cause, limité les libertés publiques, vidé l'Etat de droit de son contenu et livré la Russie à la corruption.»

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