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Les hommes au foyer ont plus de chances de divorcer

Slate.fr, mis à jour le 12.07.2011 à 10 h 45

Devant un centre pour l'emploi à Madrid Susana Vera / Reuters

Devant un centre pour l'emploi à Madrid Susana Vera / Reuters

Si l’égalité entre les hommes et les femmes vis-à-vis du travail reste encore un objectif loin d’être atteint dans beaucoup de pays dont la France, les mentalités évoluent progressivement autour de cette question.

Mais selon une récente étude américaine publiée dans la revue scientifique American Journal of Sociology, ce sont surtout les attitudes vis-à-vis du travail des femmes qui ont considérablement évolué, tandis que la pression sociale reste importante sur les hommes, qui sont toujours supposés ramener l’argent au foyer. Liana Sayer, professeur de sociologie à l’université de l’Ohio, résume ainsi les résultats de ses travaux, qui avaient pour but d’étudier l’importance du travail ou du chômage sur la décision de mettre un terme à un mariage:

«Il reste inacceptable pour les hommes de rester à la maison et de s’occuper des enfants.»

Selon les résultats de l’étude, une femme très malheureuse dans son mariage a plus de chances de lancer une procédure de divorce si elle travaille que si elle est au chômage, et le fait que la femme travaille ou non n’a pas d’incidence sur la probabilité que le mari mette fin à la relation, rapporte Healthland.

En revanche, la situation est différente chez les hommes: les chômeurs ont plus de chance de quitter leur femme, mais également d’être quittés par leur conjointe, même s’ils étaient satisfaits de leur relation. Selon Sayer, ce phénomène est le symptôme d’une «révolution asymétrique»:

«Le rôle des femmes a beaucoup changé, mais celui des hommes a beaucoup moins évolué. L’idée selon laquelle l’homme est celui qui ramène l’argent à la maison reste très présente dans les couples. Il est inacceptable que l’homme ne gagne pas d’argent pour le foyer.»

L’étude est fondée sur les données recueillies auprès de 3.600 couples qui ont participé à l’enquête nationale sur les familles et les foyers aux Etats-Unis.

Les répercussions du chômage sur le couple sont étudiées depuis plusieurs années, mais les liens de cause à effet sont difficiles à établir. Gilles Nezosi, à l'époque chargé de recherche à la Caisse nationale d´allocations familiales (Cnaf), expliquait en 2003 dans les colonnes de La Croix:

«On peut considérer que le chômage, qui est une période de crispation et d'exacerbation, peut entraîner au sein du couple des tensions, que des difficultés sous-jacentes peuvent être révélées à cette occasion. Au pire, cela peut aboutir à la dissolution du couple, notamment lorsque la situation persiste.»

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