France

Les journalistes risquent «d'être considérés comme des ennemis au sens militaire»

Slate.fr, mis à jour le 11.07.2011 à 16 h 54

france24, Luc Van Braeckel via FlickR, CC-Licence-by

france24, Luc Van Braeckel via FlickR, CC-Licence-by

Alain de Pouzilhac, PDG de l'Audiovisuel extérieur de France (AEF, qui regroupe Radio France Internationale, Monte Carlo Doualiya et France24), a rencontré Mahmoud Shamman, le ministre de l'Information du Conseil national de transition libyen, lors de sa visite à Paris le 29 juin 2011. Le site web France24 relate qu'à cette occasion Alain de Pouzilhac a assuré à Mahmoud Shamman que les médias des régions libérées par l'opposition à Mouammar Kadhafi avaient le soutien de l'AEF.

La France devrait aider dès le mois de septembre les rebelles libyens à développer des radios et des télévisions en formant des journalistes, précise Emmanuel Schwartzenberg dans Le Figaro.fr.

«France 24 et RFI assureront, dès le mois de septembre prochain, des sessions d'accompagnement et de conseil, d'abord à Benghazi puis dans d'autres villes libérées. Plusieurs dizaines de journalistes libyens de radio et de télévision bénéficieront de ces stages de formation aux techniques de reportage, de montage, de présentation de journaux et de débats et de réalisation.»

En prenant ainsi parti pour une des factions se disputant le pouvoir en Libye, «le président de l'AEF a précipité RFI et France 24 dans la guerre», estiment le Syndicat national des journalistes, Force ouvrière et la Confédération générale du travail sur le site RFI Riposte. Et ce au mépris de la crédibilité et surtout de la sécurité des journalistes sur place: ils risquent «désormais d'être considérés comme des ennemis au sens militaire du terme par les forces loyales à Kadhafi».

De plus, la décision semble être contraire à la charte établie par RFI, qui précise que «la ligne éditoriale est fixée, sous l’autorité du Président, par la direction de l’information qui est seule responsable de sa mise en œuvre. Aucune influence ni pression ne peuvent s’exercer de l’extérieur sur ceux qui dépendent de son autorité. Ainsi que le souligne la Convention collective, un journaliste ne peut agir contre son “intime conviction professionnelle”».

Les syndicats estiment qu'il est donc du devoir de chaque journaliste de «désobéir à toute instruction de leur hiérarchie qui les pousserait à agir comme des parties prenantes au conflit libyen».

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