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Les avions modifieraient le climat

Slate.fr, mis à jour le 12.07.2011 à 10 h 39

Contrail.fourengined/Arpingstone via Wikimedia Commons

Contrail.fourengined/Arpingstone via Wikimedia Commons

Vous l'avez sûrement tous déjà constaté. Souvent, quand un avion passe dans le ciel, se forme derrière lui une traînée blanche, comme un nouveau nuage. Cette activité aérienne a des incidences sur le climat et c'est grâce à l'étude des archives de la Seconde Guerre mondiale que les chercheurs peuvent avancer cette idée. Durant la Seconde Guerre mondiale, les raids menés par les avions bombardiers alliés ont permis d’expérimenter, de façon involontaire, les effets des traînées de condensation sur le climat du sud-est de l’Angleterre, rapporte New Scientist.

Roger Timis, un scientifique du Lancaster Environment Centre, a eu l’idée d’étudier les données de 1944 après avoir écouté le témoignage radiophonique d’une femme se rappelant d’un ciel «devenu blanc avec des nuages» quand les bombardiers décollaient.

Les effets des traînées de condensation sur le climat étaient déjà connus: d’une part elles agissent comme des couvertures qui retiennent la chaleur, d’autre part elles reflètent les rayons du soleil et donc refroidissent le sol en dessous. Mais jusqu’à présent, les spécialistes s’accordaient à dire que le premier phénomène dominait, donc que les traînées réchauffaient la planète.

Dans les années 1940, le trafic aérien civil était très limité. Les pilotes militaires répertoriaient chacune des traînées de condensation qu’ils apercevaient pour se renseigner sur l’activité aérienne d’un secteur. Grâce aux archives des armées de l’air américaine et britannique, les universitaires de Lancaster ont pu comparer les températures prises au même moment sous les traînées et à distance de celles-ci.

Les conditions météorologiques étaient particulièrement favorables à la formation de traînées de condensation le matin du 11 mai 1944, avec un ciel clair et un taux d’humidité. Ce matin-là, 1.444 appareils ont décollé. Les scientifiques ont découvert que là où les appareils volaient en boucle pour se rassembler, il y avait plus de nuages et la température de la zone était de 0,80°C plus froide qu’ailleurs. Jusqu’à présent, la plupart des rares  données concernant ce phénomène provenaient d’études de modèles numériques.

Selon le Belfast Telegraph, les traînées de condensation se forment quand l’air chaud des réacteurs chargé en particules rencontre l’air froid de la haute troposphère. Si les traînées ne disparaissent pas rapidement, elles forment de longs nuages artificiels de type cirrus. L’étude de l’impact de ces phénomènes reste difficile à évaluer avec un ciel saturé par le trafic aérien, sans pouvoir comparer avec un ciel sans avion.

Au lendemain des attentats du 11 septembre 2011, période durant laquelle aucun vol d’avion n’était autorisé au-dessus du territoire américain, David Travis de l’université Whitewater du Wisconsin a constaté une plus grande fluctuation des températures. Toutefois, les conclusions de l’étude ont été remises en question car les variations climatiques naturelles n’avaient pas été suffisamment prises en compte, explique New Scientist.

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