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La France et les Etats-Unis durcissent le ton contre le régime syrien

Temps de lecture : 2 min

Banyas Demos/Syria-Frames-Of-Freedom via Flickr
Banyas Demos/Syria-Frames-Of-Freedom via Flickr

La France et les Etats-Unis haussent le ton contre le régime de Bachar el-Assad en Syrie après que les ambassades des deux pays ont été attaquées à coup de pierres, débris et nourritures de toutes sortes durant le week-end, rapporte Voice of America.

Dimanche, la France a convoqué l’ambassadeur de Syrie à Paris à la suite des attaques contre son ambassade à Damas et son consulat à Alep, la deuxième ville du pays. Les Etats-Unis ont accusé le pouvoir syrien d’avoir organisé ces manifestations agressives.

Le régime syrien reproche aux deux pays occidentaux d’avoir interféré dans ses affaires internes. L’ambassadeur américain, Robert Ford, et le Français Eric Chevalier ont tous deux visité la ville de Hama pour exprimer leur solidarité avec les participants aux manifestations violemment réprimées par l’armée.

Selon le ministre des Affaires étrangères syrien, ces visites sont des «interventions flagrantes» dans les affaires internes du pays dans un but de déstabilisation.

Dimanche, le président Assad a nommé un nouveau gouverneur à Hama, Anas Abdul-Razak, un médecin très peu connu. Son prédécesseur a été limogé car il était soupçonné de sympathiser avec les manifestants. Le régime a aussi entrepris dimanche un «dialogue national» mais celui-ci n’a pas convaincu les figures majeures de l’opposition.

Interviewé par Georges Malbrunot du Figaro, l’opposant syrien Michel Kilo explique que le but de la contestation actuelle est «l’instauration d’un régime transitoire, qui nous mène vers la démocratie». L’écrivain-journaliste a été libéré en mai 2009 après avoir purgé une peine de trois ans de prison pour «affaiblissement du sentiment national», parce qu’il avait prôné la réconciliation entre la Syrie et le Liban.

Selon lui, l’opposition n’acceptera pas le dialogue tant que «l’option militaire prévaut toujours au sommet de l’Etat». Mais il tient à rassurer sur la volonté de trouver une solution politique et d’éviter le basculement dans une guerre civile:

«Dans la situation actuelle, compte tenu du rapport de forces, nous cherchons toujours une solution politique. Elle repose sur un changement de la constitution pour mettre fin au régime présidentiel, et instaurer à la place un système parlementaire, le multipartisme et toutes les institutions d’un vrai état démocratique.»

Toutefois, l’opposant souligne l’urgence de la situation: «Bashar el-Assad doit aller vite, prévient-il, dans trois ou quatre semaines, il aura atteint un point de non-retour vis-à-vis de sa population». Avant les manifestations, selon un «sondage interne», le parti Baas du président n’obtiendrait que «6,4% de députés en cas d’élections démocratiques», explique-t-il.

Michel Kilo balaye d’un revers de main la menace islamiste:

«C’est un mensonge de dire que la Syrie tombera sous la coupe des islamistes. Les intégristes sont des personnes très isolées, des symboles du passé qui jouent un petit rôle au sein de notre société traditionnelle. Ils n’ont pas une vraie présence aujourd’hui dans les manifestations.»

Slate.fr

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