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L'affaire DSK prend une tournure politique en Guinée

Slate.fr, mis à jour le 11.07.2011 à 14 h 52

Dominique Strauss-Kahn. REUTERS/Emmanuel Dunand/Pool

Dominique Strauss-Kahn. REUTERS/Emmanuel Dunand/Pool

  • Le sort de l'accusatrice divise les communautés en Guinée
  • Tristane Banon est entendue par la police judiciaire
  • A New-York, la communauté afro-américaine lui a apporté son soutien, et demande un procès

L’affaire DSK prend une tournure politique en Guinée

[Le Monde] Le Monde publie lundi un reportage dans le village d’origine de la plaignante dans l’affaire DSK, Thiakoullé en Guinée.

L’article du quotidien présente quelques similarités avec les éléments biographiques donnés sur l’accusatrice par le New York Times le 14 juin dernier. Mais cette fois-ci un seul des deux frères de la jeune femme a été interviewé, avec un de ses cousins.

Comme il l’avait confié au journal américain, Mamoudou Diallo explique qu’il n’a pas  réussi à s’entretenir avec sa soeur depuis que «c’est» arrivé, et prend sa défense, la présentant comme une femme religieuse.

Le Monde rapporte également le «tour politique» que prend l’histoire de la femme qui accuse DSK en Guinée. Celle-ci vient de la communauté peule, bouc-émissaire notamment pendant les élections de 2010, où Alpha Condé est arrivé au pouvoir après 55 ans de dictature. Les Peuls reprochent au président de ne pas avoir manifesté son soutien à la jeune femme qui dit avoir été agressée.

«Les Peuls pensent qu’[elle] est une victime, les Malinkés que c’est une menteuse», résume son cousin.

Tristane Banon entendue par la police

[AP/Nouvel Obs] L’écrivain et journaliste qui accuse DSK de tentative de viol est entendue lundi par la police judiciaire dans le cadre de l’enquête préliminaire ouverte par le parquet de Paris.

Tristane Banon affirme que Dominique Strauss-Kahn l’a agressée en 2003. Son avocat, Maître David Koubi a déclaré qu’elle dispose de preuves matérielles pour étayer ses accusations.

Les avocats de Strauss-Kahn ont annoncé que celui-ci porterait plainte pour «dénonciation calomnieuse».

La communauté afro-américaine prend la défense de la plaignante

[The New York Times] L’accusatrice de Dominique Strauss-Kahn a reçu le soutien de plusieurs communautés, d’activistes et de leaders religieux dimanche, apprend-on sur le New York Times.

La crédibilité de la jeune femme qui accuse DSK de l’avoir agressée est mise en cause depuis la fin juin: elle aurait menti pour être régularisée aux Etats-Unis et entretiendrait des relations douteuses avec un détenu mêlé à une enquête pour trafic de drogue.

Pourtant, plusieurs représentants de la communauté afro-américaine ont demandé au procureur de Manhattan, Cyrus Vance Jr, de maintenir les poursuites «vigoureusement» lors d’un meeting dans le quartier de Harlem, foyer traditionnel de la culture afro-américaine à New York.

Les lobbyistes réunis qualifient les failles dans le passé de l’accusatrice de «rumeurs» et tiennent absolument à ce que la jeune femme d’origine guinéenne soit entendue par la justice, ajoute CNN.

Parmi eux, le sénateur démocrate de l’état de New York Bill Perkins, a défendu énergiquement l’accusatrice:

«Les rumeurs sur le passé de cette femme n’ont rien à voir avec l’affaire, et même si elles s’avéraient vraies, elles ne dervaient pas l’empêcher d’être entendue

Pour le sénateur, le principe de «procès équitable» n’aura pas été respecté si les charges sont abandonnées. Il a envoyé une lettre au procureur la semaine dernière, mais affirme n’avoir pas encore reçu de réponse.

Virginia Montague, à la tête de la Coalition de 100 femmes noires de New York, a estimé que la plaignante était «courageuse» d’avoir porté son cas devant la justice. Elle ajoute:

«Nous parlons ici de femmes qui ont été victimisées, trop souvent jugées par les médias et le public sur des rumeurs et des insinuations... et non pas sur des faits qui doivent finalement être déterminés face à une cour de justice.»

L’avocat de Strauss-Kahn, William W. Taylor III, s’est exprimé au sujet du rassemblement:

«Ils peuvent se réunir, mais cette femme a menti devant le grand jury. La question n’est pas de savoir si elle a des soutiens politiques ou si elle est une bonne personne. Tous les rassemblements du monde ne changeront pas les faits.»

Interviewée par le New York Times, la porte-parole de Cyrus Vance Jr a affirmé que «l’enquête continue, et aucune décision n’a été prise».

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