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Affaire DSK: la femme qui a examiné la femme de chambre parle

Slate.fr, mis à jour le 07.07.2011 à 11 h 02

Dominique Strauss-Kahn. REUTERS/Emmanuel Dunand/Pool.

Dominique Strauss-Kahn. REUTERS/Emmanuel Dunand/Pool.

Dans le cadre de l’affaire DSK, Le Monde publie le témoignage de Susan Xenarios, la directrice du Centre de traitement des victimes de crimes de Harlem, la première personne à avoir examiné Nafissatou Diallo, la femme de chambre qui accuse l’ancien directeur général du FMI de l’avoir violée. Un entretien «exclusif obtenu sur le fil», selon France Soir, à qui la journaliste explique avoir rencontré une femme «exaspérée par cette histoire. C’est sans doute ce qui l’a incitée à [lui] parler».

«Cela fait plus de quarante ans que je fais ce métier, et je n'ai jamais, jamais, vu une histoire pareille: la frénésie médiatique, les fuites dans les journaux, l'enquête elle-même… tout est insensé», explique Susan Xenarios au quotidien de l’après-midi. Selon elle, la femme de chambre du Sofitel est arrivée «en état de choc» mais «capable de parler» et «coopérative». «Je n'ai pas mis en doute son témoignage. […] Le verdict des procès correspond généralement à nos diagnostics», ajoute-t-elle.

Le Monde retrace aussi le parcours de cette femme de 64 ans, qui «a construit son métier sur une expérience intime», un viol dont elle a été victime en 1974. Un drame qu’elle avait mis plusieurs heures à dénoncer et «des semaines à oser […] avouer à ses parents». Susan Xenarios estime que les derniers rebondissements du dossier DSK sont «très négatifs» pour les victimes de crimes sexuels, dont beaucoup «vivent leur traumatisme en silence».

Mardi, le New York Times a publié des extraits de la déposition de Nafissatou Diallo auprès du Centre de traitement des victimes de crimes, «le compte-rendu le plus direct de la version des évènements par la femme de chambre». Un document «qui suggère une agression sexuelle sérieuse», où la jeune femme raconte comment, alors qu’elle venait d’entrer dans la suite 2806 en croisant un garçon d’étage, un homme «nu, avec des cheveux blancs» lui aurait sauté dessus et l’aurait forcée à lui faire une fellation.

Mais ce rapport contient aussi «quelques phrases sur lesquelles la défense peut se concentrer», notamment une où la femme de chambre explique être restée dans la suite et avoir vu DSK se rhabiller, ce qui contredit ses déclarations ultérieures selon lesquelles elle a fui dans le couloir.

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