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Chroniqueur «marijuana», marché publicitaire: la presse profite de la légalisation aux Etats-Unis

Slate.fr, mis à jour le 07.07.2011 à 10 h 58

Untitled/Marijuana, statuesque via Flickr, CC-Licence-by

Untitled/Marijuana, statuesque via Flickr, CC-Licence-by

À Denver, dans l'État du Colorado aux États-Unis, il y a désormais plus de dispensaires à marijuana que de Starbucks, nous apprend The Daily. La ville a fait paraître un guide en papier glacé recensant les 300 lieux dans lesquels la population peut se ravitailler en marijuana médicinale, dispensaires qui offrent souvent un premier joint gratuit à leurs nouveaux clients.

La tendance est telle que le Denver Westword, l'hebdo local, a embauché un journaliste (qui écrit sous le pseudo William Breathes) pour critiquer les diverses variétés de bongs, de pipes et d'inhalateurs. Et pour vous aider à faire «ce choix essentiel entre de la Super Silver Haze et de la Purple Passion», un peu comme un critique gastronomique.

En Californie, la ville de Sacramento et son Sacramento News and Reviews, hebdomadaire «alternatif», bénéficient eux aussi de la vente de marijuana pour raisons médicales. Le journal a en effet décidé de faire la publicité de ces dispensaires, relate le site News10, avec beaucoup de succès. Selon Jeff von Kaenel, l'éditeur et PDG du journal, ces nouvelles ressources publicitaires ont permis d'«accroître la diffusion du journal de façon spectaculaire. Nous allons bientôt embaucher du personnel —trois personnes en plus dans l'équipe. […] Et nous allons pouvoir développer la distribution du journal dans des régions nouvelles».

Pour autant, le choix fait en 2000 d'ouvrir des dispensaires et de légaliser la marijuana médicinale pose encore des questions légales, éthiques et philosophiques, raconte le California Watch. Un lobbyiste pro-marijuana, le procureur de Humboldt County (en Californie) Paul Gallegos, a ainsi organisé une réunion d'information au cours de laquelle les gens ont offert des dons.

«L'événement a amené certaines personnes à se poser la question éthique suivante: est-ce qu'un responsable du gouvernement peut recevoir de l'argent d'un groupe de support pour une pratique qui, bien que légale en Californie, reste un crime aux yeux de gouvernement fédéral?»

Selon William Vizzard, ancien policier de Fresno County et professeur de justice criminelle à l'université d'État de Sacramento, «nous sommes en quelque sorte arrivés à un point, en Californie, où l'on déclare la marijuana légale pour des raisons médicinales, alors qu'en fait nous avons juste baissé les bras et accepté qu'elle soit légale tout court. […] C'est une situation vraiment trouble. En particulier dans certaines zones comme [Humboldt County], où la loi n'est pas appliquée avec beaucoup de volonté».

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