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Un ministre japonais dérape et explique que c'est à cause de son groupe sanguin

Slate.fr, mis à jour le 05.07.2011 à 14 h 52

Blood type towel/MShades via Wikimedia Commons

Blood type towel/MShades via Wikimedia Commons

Le ministre japonais de la Reconstruction, Ryu Matsumoto, a démissionné seulement une semaine après sa nomination à cause d’un dérapage verbal qui est, selon lui, lié à son groupe sanguin, rapporte le Wall Street Journal.

Ryu Matsumoto a remis sa démission mardi 5 juillet, seulement 24 heures après la diffusion d’une vidéo le montrant en train d’«étriller» le gouverneur de la préfecture de Miyagi au cours d’une réunion sur l’effort de reconstruction post-séisme. Il est reproché à l’ex-ministre de s’en être pris de manière virulente au gouverneur parce que celui-ci avait osé le faire attendre, au lieu d’aborder les sujets importants.

Au cours d’une conférence de presse organisée dans le but de répondre à la polémique, Matsumoto a déclaré:

«Je suis du groupe B, je peux avoir tendance à être parfois un peu trop simpliste et direct.»

L’explication de l’ex-ministre a suscité les moqueries de ses compatriotes sur Internet, notamment sur Twitter, où certains lui demandaient de maintenant s’excuser auprès des gens de groupe B.

Même pour se faire embaucher

Les Japonais sont connus pour être fascinés par les liens supposés entre groupe sanguin et traits de caractère, comme peuvent l’être les Français avec l’astrologie. Selon BBC News, «savoir si quelqu’un est A, B, O ou AB est un sujet de conversation quotidien».

Selon les croyances populaires, les personnes du groupe O sont considérés «confiants», les A auraient «l’esprit de sacrifice» et les AB seraient «équilibrés». En revanche, ceux du groupe B sont les «moutons noirs» car réputés pour être des «libre-penseurs flamboyants» et «égoïstes».

L'intérêt pour ce genre d'interprétation est particulièrement fort chez les célibataires en quête d’amour. Les magazines féminins en profitent pour faire leurs choux gras avec des articles détaillant les meilleures «combinaisons».

Mais le groupe sanguin peut aussi être pris en compte dans le monde du travail. BBC News cite l’exemple de Kouichi, un homme du groupe B, qui explique:

«Lors de l’entretien pour mon premier job, on m’a demandé mon groupe sanguin.»

Au Japon, il y a même un terme pour définir la discrimination au groupe sanguin: «Burahara». Cette tendance est d’autant prise au sérieux qu’elle bénéficie d’un «vernis scientifique» pourtant sans fondement. Cet intérêt pour le groupe sanguin est apparu dans les années 1970, mais son origine «remonte aux théories eugéniques durant la période d’entre-deux guerres».

Ministre, un poste éjectable

Autre particularité nippone, la faible moyenne de la durée de service au gouvernement. Le record est détenu par Shizuka Kamei, ministre des Finances en juin 2010 pendant seulement trois jours. Selon la radio publique américaine NPR, lorsque le premier ministre actuel, Naoto Kan, a pris ses fonctions en 2010, il était le cinquième à occuper ce poste en quatre ans.

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