Culture

Hemingway s'est-il suicidé à cause du FBI?

Slate.fr, mis à jour le 04.07.2011 à 15 h 56

Ernest Hemingway en 1939/Wikimedia Commons

Ernest Hemingway en 1939/Wikimedia Commons

Le New York Times remet en question la nature de la mort d’Ernest Hemingway en publiant une lettre d’un de ses amis et biographe, Aaron Edward Hotchner.

Ernest Hemingway, écrivain nobélisé en 1954 aussi connu pour avoir enduré la Première Guerre mondiale, se serait tué du fait de troubles physiques et psychologiques graves. Après un séjour en hôpital psychiatrique, l’écrivain américain s’est suicidé d’une balle dans la tête, le 2 juillet 1961, à son domicile dans l’Idaho.

Mais le 2 juillet 2011, date anniversaire des 50 ans de sa mort, une lettre de son ami Aaron Edward Hotchner publiée par le New York Times suggère qu’Hemingway a été poussé au suicide par de fortes pressions du FBI, qui l’accusait de collaborer avec le régime cubain des années 1940.

La lettre d’Hotchner pourrait apporter un nouvel éclairage autour de la mort d’Ernest Hemingway. En effet, Hotchner y écrit qu’en 1959 Hemingway signe un contrat avec le Life Magazine afin d’écrire sur le régime politique espagnol. Installé à Cuba pour ce faire mais rencontrant des difficultés à réduire son article à la taille imposée, il appelle son ami Hotchner au secours, qui voit alors de vrais signes de détresse. Celui-ci explique dans sa lettre:

«Je revins à New York sachant mon ami “fatigué et abattu” mais pensant qu’un peu de repos suffirait à lui faire retrouver rapidement pieds.»

C’est lors d’une partie de chasse annuellement organisée par les deux amis que l’affaire prend une tournure plus nette. Hemingway ne va pas mieux et semble angoissé. La lettre dévoile qu’Hotchner s’inquiète de l’état d’Hemingway, qui lui confie alors se croire suivi par le FBI:

«C'est l’enfer putain. Ils ont tout mis sur écoute. C'est pourquoi nous utilisons la voiture du Duc: la mienne est mise sur écoute. Tout est mis sur écoute. Je peux pas utiliser le téléphone. Le courrier est lui aussi intercepté.»

The Telegraph explique que l’entourage d’Hemingway le pense alors paranoïaque. Semant le doute, la missive ne laisse jusque-là pas la possibilité d’établir des faits avérés mais ne fait que décrire des attitudes tendant à montrer que l’écrivain sombrait dans la peur incessante d’être poursuivit.

Malade mental paranoïaque ou écrivain engagé sous pression? La lettre dévoile plus tard qu’un dossier sorti par le FBI dans les années 1980 confirme qu’Edgard Hoover plaça Hemingway sous surveillance dès 1940. Il fut suivi, mis sur écoute, et ce même lorsqu’il séjourna en hôpital psychiatrique. Ainsi, pour The Telegraph, c’est une nouvelle vérité qui est mise au jour.

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