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La négociation de paix se privatise

Temps de lecture : 2 min

Handshake/Tobias Wolter via Wikimedia Commons
Handshake/Tobias Wolter via Wikimedia Commons

Avec l’émergence de négociateurs privés, l’ONU n’a plus le monopole de la paix, rapporte The Economist.

Le magazine constate que l’action des Nations unies se trouve entravée par les rivalités politiques mondiales, que les États-Unis sont moins enclins à opter pour une diplomatie par la force et que les pays scandinaves ou la Suisse, spécialisés dans la résolution de conflit, ne veulent pas prendre le risque de discuter avec des groupes armés.

L’absence de ces acteurs a laissé place à une nouvelle forme «privatisée» de médiation de la paix. Les organisations non-gouvernementales, dont certaines sont à l’origine humanitaires, jouent un rôle de plus en plus important dans la résolution de conflits à travers le monde.

The Economist présente les quatre acteurs majeurs de cette nouvelle tendance: la Crisis Management Initiative (CMI) basée à Helsinki en Finlande, le Carter Centre’s Conflict Resolution Programme de l’ancien président américain Jimmy Carter, le United States Institute of Peace (USIP) et le HD Center.

Les outils à disposition de ces organisations privées sont «faibles» plutôt que «forts», explique le magazine britannique. Contrairement aux États, elles ne peuvent pas imposer de sanctions. Leur seule action d’éclat peut être d’abandonner les négociations, au risque de perdre leurs subventions. Elles n’ont rien à offrir non plus pour «encourager» les parties à accepter l’accord, si ce n’est la seule récompense de la paix.

La compétition entre ces organismes peut entraîner des excès comme dans le cas du Darfour où plusieurs d'entre eux menaient les mêmes actions en parallèle, entraînant des redondances et une impression de «racolage». Selon The Economist, «le travail de réconciliation des factions tribales en Libye post-Kadhafi sera probablement sujet à la discorde dans de mêmes proportions».

Ces organisations ont pour avantage de ne pas avoir à porter le fardeau politique qui pèse sur les diplomates. Elles ont moins de contraintes administratives et peuvent donc gagner en rapidité et créativité. Mais surtout, elles peuvent se permettre de prendre plus de risques au niveau du choix des interlocuteurs et du contexte des négociations:

«Les représentants d’Etats n’ont souvent pas le droit d’entrer en contact avec des groupes armés ou terroristes, soit pour des raisons d’ordre légal, soit par crainte de légitimer de tels mouvements (par exemple, les diplomates américains et européens n’ont pas le droit de parler officiellement avec le Hamas)»

Dans une tribune publié par le Huffington Post, Kay Guinane du Charity and Security Network explique qu’il est temps de «lever l’interdiction des programmes humanitaires et de résolution de conflit dans les points chauds du globe» sous le prétexte de l’antiterrorisme.

En effet, une jurisprudence de la Cour suprême américaine du 21 juin 2010 a interdit à Washington d’apporter un soutien logistique à un programme visant à éloigner le PKK de Turquie et les Tigres tamouls du Sri Lanka de la violence.

Selon Joel Charny de InterAction cité dans le billet, de telles mesures «compromettent notre capacité à répondre aux situations humanitaires d’urgence et contredisent directement les obligations américaines historiques en matière d’aide internationale».

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