Un ordinateur champion d'échecs puni pour dopage

un plateau de jeu d'échecs. ChessNetwork via Flickr CC License by

un plateau de jeu d'échecs. ChessNetwork via Flickr CC License by

Rybka, un champion d'échecs, vient d'être épinglé pour dopage. Rapportée par le site DailyTech, l'histoire est plutôt inhabituelle pour cette discipline, mais elle le devient encore plus quand on apprend que Rybka n'est pas un humain mais... un programme informatique, et qu'il s'est dopé en copiant le code source de ses «concurrents».

L'International Computer Games Association (ICGA) a publié un communiqué excluant Rybka et son créateur Vasik Rajlich, lui même grand-maître du jeu d'échecs, des championnats du monde d'échecs par ordinateur. Leurs quatres titres consécutifs récoltés entre 2007 et 2010 leur ont été retirés, ainsi que leurs primes de victoires.

Selon le New York Times, Rybka et son créateur ont violé l'article 2 des lois du jeu de l'ICGA, qui stipule que les programmes «doivent soit être des créations originales, soit identifier les autres développeurs dont le travail a été utilisé». D'après le Washington Times, l'ICGA a fondé sa décision sur huit évaluations de Rybka produites par des spécialistes, l'une d'entre elles pointant que son développeur a «tiré profit du travail d'autres personnes, ce qui montre un manque de respect pour les autres grands talents du monde des échecs numériques».

En l'espèce, Rybka a été convaincu d'avoir «utilisé» du code source de deux autres programmes, Crafty et Fruit, sans leur «autorisation». Le code de Fruit (développé par un Français, Fabien Letouzey), était sous la licence de logiciel libre GNU, et Rybka pouvait donc l'utiliser, mais aurait du le créditer. Crafty était également un logiciel open source. Selon DailyTech, «ce plagiat de code a été remarqué quand certains ont repéré des séries de coups de Rybka étrangement similaires à celles de Crafty et Fruit».

Rajlich, qui nie les faits, a affirmé que Rybka «n'inclut pas de code écrit par d'autres», à l'exception de procédures standard ne faisant pas partie du «jeu».

Le New York Times a par ailleurs interviewé deux autres développeurs sur le sujet. Le premier, Larry Kaufman, a aidé Rajlich a développer Rybka avant de partir à la concurrence, et estime que seule la première version du programme peut être épinglée pour plagiat, au contraire de la dernière, Rybka 3. Le second, Robert M. Hyatt, est le développeur de Crafty et a participé à l'enquête de l'ICGA: il se dit persuadé que les faits sont vrais et qu'il y en a d'autres du même type, notant par exemple qu'il existe «déjà un clone de Rybka».

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