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La Corée du Nord va présider la Conférence du désarmement de l'ONU

Slate.fr, mis à jour le 01.07.2011 à 11 h 16

Un visiteur devant le portrait de Kim Jong-il au mémorial coréen de la guerre, à Séoul, en mai 2010. REUTERS/Jo Yong-Hak

Un visiteur devant le portrait de Kim Jong-il au mémorial coréen de la guerre, à Séoul, en mai 2010. REUTERS/Jo Yong-Hak

Ce n'est pas la première fois que l'ONU se couvre de ridicule. La nomination de la Libye à la tête de la Commission des droits de l'homme en  2003 était déjà un épisode resté fameux. Cette semaine, l'organisation internationale a été encore un peu plus loin dans le sabotage de sa crédibilité, explique le magazine Weekly Standard, en nommant la Corée du Nord à la présidence de la Conférence du désarmement de l'ONU.

La Corée du Nord assurera ainsi la présidence, attribuée automatiquement par ordre alphabétique à chacun des 65 membres de la Conférence, d'une instance dont l'objet est d'empêcher notamment la prolifération des technologies d'armement sophistiquées. Elle comprend les cinq puissances nucléaires officielles (Etats-Unis, Russie, Chine, Royaume-Uni, France) et 60 autres pays dont la Corée du Nord, l'Iran ou la Syrie. Le répresentant de la Corée du Nord, So Se Pyong, était particulièrement enthousiaste après la nomination et s'est déclaré sans rire «prêt à accueillir toute proposition constructive qui pourra renforcer le travail et la crédibilité de la Conférence sur le désarmement».

Coïncidence, dans un article publié le 26 juin par le Los Angeles Times, le sénateur démocrate américain John Kerry, qui dirige la Commission des affaires étrangères, dénonce la Corée du Nord pour avoir «testé à deux reprises des armes nucléaires… développé des missiles pour les transporter… construit des usines capables de produire de l'uranium hautement enrichi pour fabriquer plus d'armes nucléaires… et violé les embargos de l'ONU en exportant des armes et des technologies sensibles vers des régimes voyous comme l'Iran».

Le délégué de l'Iran à la conférence, Mohammad Hassan Daryaei, a immédiatement «félicité le distingué ambassadeur de la République démocratique de Corée». L'ambassadeur de Chine à l'ONU Wang Qun s’est dit lui «heureux que la République populaire démocratique de Corée, voisine et amie de la Chine, assume la présidence de la conférence». Il a ajouté être «convaincu que grâce à ses qualités et à sa vaste expérience diplomatique, l’ambassadeur So Se Piong saurait assurer des progrès positifs à la conférence».

En fait, depuis 13 ans, la conférence sur le désarmement est dans l’impasse, faute de consensus pour lancer des négociations sur un traité d’interdiction de la production des matières fissiles à des fins militaires. Elle a ajourné ses travaux jusqu’au 2 août.

Seul le Canada a réagi et demandé officiellement à la Corée du Nord de quitter la présidence de la Conférence du désarmement. «La Corée du Nord n’a tout simplement pas la crédibilité requise pour présider un organe de désarmement nucléaire, a dit le ministre des Affaires étrangères, John Baird. Nous appelons la Corée du Nord à céder la présidence à un pays crédible qui fera avancer la cause du désarmement au sein des Nations unies». Peine perdue.

 

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