L'électricité statique ne fonctionne pas comme on croyait

Electric Slide, kretyen via Flickr, CC-Licence-by

Une nouvelle étude, parue dans la revue Science le 23 juin, remet en cause les connaissances que nous avions de l'électricité statique, explique Popular Science. Alors que nous pensions que l'électricité statique naissait d'un échange de particules chargées (ions), il semblerait qu'un véritable transfert de matière s'effectue.

«On pensait au départ que le frottement entre deux matériaux non-métalliques créait une charge positive sur l'un, et négative sur l'autre, et ce de manière uniforme», rappelle ABC Science.

Pour aller plus loin, une équipe de recherche de l'université du Nord-Ouest, à Chicago (États-Unis), menée par Bartosz Grzybowski (un physicochimiste) a eu l'idée de produire de l'électrification de contact (le nom scientifique de l'électricité statique) à partir de matériaux isolants (tels les polycarbonates et d'autres polymères), des matériaux semiconducteurs (en silicone) et des matériaux conduteurs (aluminium), relate Wired.

Puis d'utiliser un microscope à sonde de Kelvin (une variante du microscope à force atomique sans qu'il y ait de contact nécessaire, capable de repérer les plus petites irrégularités sur une surface), pour analyser les échanges s'effectuant à divers endroits de la surface des objets.

Ils y ont vu, selon le journal PhysOrg, «ce qu'ils décrivent comme un patchwork de touffes chargées positivement et négativement, se trouvant sur la surface de l'objet étudié». Ce sont ces «touffes» qui sont transférées entre les objets entrant en contact, selon l'équipe de recherche.

«Des morceaux minuscules de ballon, par exemple, adhèrent aux cheveux des enfants quand on les y frotte, laissant une balance négative sur le patchwork électrique du ballon. Ce qui explique l'attraction entre le ballon et d'autres objets, comme un pull ou un mur.»

Daniel Lacks, ingénieur en chimie à l'université de Case Western Reserve à Cleveland, interrogé par le magazine Science News, déclare que «l'étude a montré de manière conclusive qu'il y avait effectivement un transfert de matière. […] Mais nous ne savons pas pour autant si c'est la principale source de la charge électrique. Cela pourrait fonctionner en combinaison avec autre chose».