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Etre timide aide à réussir dans la vie

Slate.fr, mis à jour le 30.06.2011 à 10 h 54

shy / rohtrs via Flickr CC Licence By

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Il faut arrêter de considérer la timidité comme un défaut, voire une maladie, affirme l'auteure d'un livre sur l'introversion et d'un blog sur les introvertis dans une tribune au New York Times.

Non seulement la timidité et l'introversion —ou plus précisément, le tempérament précautionneux et sensible qui les favorise— sont normales, mais elles ont même une grande valeur, et pourraient bien être essentielles à la survie de notre espèce, estime Susan Cain.

Pour Susan Cain, la timidité et l'introversion sont toutes deux sous-évaluées dans un monde qui fait l'éloge de l'extraversion, alors même qu'on trouve ces deux qualités depuis très longtemps dans notre espèce, y compris à des postes de responsabilité, depuis Moïse dans la Bible jusqu'à Larry Page chez Google.

On trouve des «sitters» («des gens qui s'assoient»), c'est-à-dire des individus qui restent dans leur coin et observent, et des «rovers» («nomades»), c'est-à-dire des individus qui se jettent dans des situations sans beaucoup observer leur environnement auparavant, chez les humains et certaines autres espèces animales.

Et une expérience chez des poissons a montré que les «sitters» échappaient à un piège là où les «rovers» se jetaient dedans, suggérant que dans certains cas, il y avait un intérêt évolutionnaire à être introverti plutôt qu'extraverti (dans d'autres, c'est le contraire).

Les «rovers» prennent plus de risques (enrichissant et/ou dangereux) au fur et à mesure qu'ils grandissent, risquant par exemple davantage que les introvertis d'être hospitalisés, d'avoir des relations extra-conjugales pour les hommes ou de changer de relations amoureuses pour les femmes. Les introvertis ont tendance à apprendre en observant plutôt qu'en agissant et à réfléchir davantage avant de prendre des décisions.

Plusieurs études ont montré que les introvertis obtiennent plus de prix académiques que les extravertis, alors même qu'ils ont le même QI, et que beaucoup des plus créatifs sont des «sitters», qui aiment travailler tranquillement seuls.

En plus de ça, l'anxiété peut en fait avoir un rôle social important: elle influe sur le développement des consciences des enfants. Quand on leur fait des remontrances sur leur comportement, ils deviennent anxieux et comme l'anxiété est déplaisante, ils ont tendance à développer des comportements plus sociaux. Les personnes introverties sont en plus meilleures que les extravertis pour mener des équipes d'employés proactifs.

Si on continue à considérer que la timidité est une maladie qu'il faut guérir, et que les «sitters» décident de tous se soigner, on pourrait bien se retrouver dans un monde où il n'y a plus que des «rovers», ce qui n'est pas souhaitable. Susan Cain veut que l'on repense notre approche de l'anxiété sociale en s'occupant de la douleur des introvertis mais en respectant leur caractère qui sous-tend cette introversion, en les encourageant à utiliser ses qualités.

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