Monde

«Nous sommes en train de perdre en Libye»

Slate.fr, mis à jour le 28.06.2011 à 15 h 07

Rebelles libyens, à Ajdabiyah, le 21 mars 2011. REUTERS/Finbarr O'Reilly

Rebelles libyens, à Ajdabiyah, le 21 mars 2011. REUTERS/Finbarr O'Reilly

Les occidentaux pourraient très bien perdre la guerre en Libye et se retrouver à la fois avec Mouammar Kadhafi fermement accroché à son pouvoir sur l'ouest du pays et la rebellion passant sous le contrôle des éléments islamistes. Un scénario catastrophe qui semble aujourd'hui très vraisemblable à l'ancien ambassadeur des Etats-Unis à l'ONU, John Bolton, qui l'expose longuement dans une tribune publiée par le site The Daily Beast.

Une tonalité que l'on retrouve également dans le Los Angeles Times qui souligne pour sa part que les poursuites engagées contre Kadhafi pour crimes contre l'humanité par la Cour pénale internationale ne vont faire que «renforcer sa détermination à se battre et sa résistance à quitter le pouvoir et chercher un sanctuaire à l'étranger».

John Bolton attribue avant tout à «l'incompétence présidentielle» (celle d'Obama) ce qu'il considère comme «l'impasse libyenne». Il reprend d'abord les critiques déjà souvent entendues contre l'intervention américaine en Libye. Les raisons avancées –protéger les civils– même si elles sont généreuses n'ont rien à voir avec les intérêts stratégiques américains et ce n'est pas avec des sentiments qu'on mène la politique étrangère d'une puissance.

Il ajoute que Barack Obama a lui-même donné des arguments à ceux qui contestent l'intervention en Libye en déclarant lors de son discours sur le retrait d'Afghanistan: «Il est temps de se concentrer sur la construction d'une nation, ici à la maison.»

John Bolton ajoute que l'erreur initiale d'Obama a été de ne pas chercher à obtenir l'autorisation du Congrès pour utiliser la force et mener une vraie guerre et chercher au contraire à obtenir l'aval de la Ligue arabe et du Conseil de sécurité de l'ONU qui au final ne lui sont d'aucune utilité ou presque.

Il lui reproche enfin d'avoir fixé des contraintes opérationnelles trop grandes et de ce fait l'opération militaire initiale n'a pas eu le poids et la durée suffisants pour rapidement détruire les capacités de Mouammar Kadhafi. Ce qui aurait dû être une intervention brutale et puissante est devenue, notamment pour des questions de multilatéralisme, une opération longue, de plus de cent jours aujourd'hui, lente et inefficace.

Mouammar Kadhafi en a tiré les conclusions qui s'imposent: «Notre résolution est faible, notre engagement incertain et notre volonté d'établir un gouvernement pro-occidental minime», assène Bolton. Ce qui veut dire que Kadhafi reste déterminé à se battre et que l'Otan pour sortir de cette impasse va être de plus en plus enclin à accepter une négociation qui laissera au dictateur libyen le contrôle d'une partie du pays.

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