Culture

Les livres numériques d'Amazon, spammés par l'auto-publication

Slate.fr, mis à jour le 01.07.2011 à 9 h 32

Kindle 2, bfishadow via Flickr, CC-Licence-by

Kindle 2, bfishadow via Flickr, CC-Licence-by

Depuis que la firme Amazon a sorti son Kindle en 2007, et monté autour une plateforme d'auto-publication, n'importe qui peut éditer son propre ouvrage. Et ce, simplement en ouvrant son traitement de texte favori et en écrivant, sans se départir des règles édictées par Amazon concernant le formatage du texte.

John Naughton, journaliste au Guardian, s'interroge sur les conséquences de cette auto-publication, dans un article du 26 juin.

«À première vue, cela semblait magique. D'un seul coup, tous ces intermédiaires —ces agents suffisants, ces éditeurs et ces maisons d'édition qui se tenaient entre vous et la reconnaissance— sont abolis. D'un coup, le monde peut voir votre talent jusque-là non reconnu dans toute sa gloire. La technologie n'est-elle pas merveilleuse?»

John Naughton prend comme exemple Manuel Ortiz Braschi. Il est listé par Amazon comme ayant édité, écrit ou coécrit plus de 700 livres. Parmi ces livres, on trouve des titres aussi divers que Strong and Confident Warrior (Un guerrier fort et confiant), ou Herbs 101: How to Plant, Grow & Cook with Natural Herbs (Première leçon sur les herbes: comment planter, faire pousser et cuisiner des herbes naturelles).

Le problème est que n'importe qui peut compiler des textes —les siens ou des textes pris d'un site Internet. Même si Manuel Ortiz Braschi semble avoir écrit ou compilé ses propres textes, il n'en est pas de même pour les autres auteurs qui s'auto-publient en rassemblant des textes pris sur Internet. Un même contenu peut ainsi se retrouver publié dans deux ou trois livres numériques différents, écrits par plusieurs auteurs.

Pour résumer, poursuit John Naughton, «l'auto-publication pour le Kindle se métamorphose en un nouveau type de spam rentable. […] Pourquoi Amazon continue-t-il à autoriser cette pratique?», demande-t-il. «Serait-ce parce que 30% du prix de toutes les transactions lui revient? Je pose juste la question.»

De son côté, l'auteure J. K. Rowling a déçu les libraires, qui pourtant avaient participé du succès d'Harry Potter. Dans une annonce faire lors de l'ouverture attendue de Pottermore, elle a annoncé que les livres de la saga seraient disponibles sur le site au format numérique, et ce sans passer par des vendeurs en ligne comme Amazon.

Les livres numériques seront toutefois compatibles avec les lecteurs sur le marché, comme le Kindle, le Sony Reader ou l'iPad de chez Apple, selon le New York Times.

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