Économie

Le discount allemand aux portes de New York

Temps de lecture : 2 min

Frischfleisch / Moe_ via Flickr CC License by
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Aldi veut tenter l’impossible, à en croire le quotidien de gauche Die Tageszeitung: s’implanter dans les rues de New York, et y remplacer progressivement les petites épiceries sombres et poussiéreuses de la ville. À vrai dire, la conquête a déjà commencé:

«A 15 minutes de voiture de la côte est de Manhattan, dans l’un des plus vastes quartiers de la ville, le Queens, au bord de l’autoroute, avec plus de 1.400 produits dans les linéaires: c’est le merveilleux monde discount d’Aldi. Des produits sans marque directement présentés dans leurs cartons.»

L’entreprise a réussi là où les chaînes américaines de grande distribution ont pour l’instant échoué. Lauren Acosta, une porte-parole d’Aldi, confie sa grande satisfaction à la Tageszeitun:

«Dans les 30 minutes qui suivirent l’ouverture, ce sont plus de 500 personnes qui sont venues.»

Si elle se garde de décrire ce qui a succédé à l’euphorie du début, elle annonce en revanche l’ouverture prochaine de deux autres magasins cette année, dont un dans le Bronx.

Wal-Mart, le distributeur américain le plus puissant du monde, dont les magasins ont une surface moyenne de 17.000 m2, ne possède aucun magasin à New York. Ni même une version réduite adaptée à la grosse ville. En dépit de leurs prix plus élevés, ce sont les petites épiceries qui règnent, sous le regard bienveillant des New-Yorkais:

«Wal-Mart s’est toujours heurté à cette tradition de la petite boutique spécialisée, ainsi qu’aux syndicats, qui dénoncent les bas salaires et les mauvaises conditions de travail. Aldi –chez qui les syndicats n’existent pas non plus– ne souffre pas encore d’une si mauvaise image aux Etats-Unis. Et dans l’échelle de valeurs américaines, les dimensions d’Aldi sont très raisonnables. Il est donc plus facile pour Aldi de trouver des lieux d’implantation.»

Si Wal-Mart n’a pas encore élaboré de plan concret à New York, la chaîne s’organise doucement. Recherches immobilières, campagnes publicitaires sur les médias locaux… L’argument principal pour se faire accepter est systématiquement la création d’emplois. Une étude de 2007 de l’université allemande de Bonn prouve au contraire qu’une implantation de Wal-Mart est toujours accompagnée d’une perte de 3 postes pour 2 créés. La bataille est relayée sur le web:

«Les détracteurs, organisés sous le nom des “Walmart Free NYC”, ont 4.200 amis sur Facebook. En face, les fans d’un Wal-Mart new-yorkais sont 40.000… Le distributeur américain ne se laissera certainement pas voler le marché par Aldi.»

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