Monde

Allemagne: une association étudiante en pleine polémique «aryenne»

Slate.fr, mis à jour le 20.06.2011 à 11 h 32

Verbindung in Mariazell / Andrij Bulba via Flickr CC License By

Verbindung in Mariazell / Andrij Bulba via Flickr CC License By

Une association étudiante allemande traditionnaliste est en train d'avoir un vilain débat sur les critères de sélection de ses membres, envisageant notamment de faire du «sang allemand» une nécessité pour faire partie du club.

L'association Burschenschaft –qui compte 1.300 membres et 10.000 anciens aujourd'hui– a été créée au XIXe siècle pour lutter contre Napoléon et pour une Allemagne unifiée, et son courant traditionnaliste s'est rapproché ces dernières années de l'extrême-droite.

La Deutsche Burschenschaft a tenu sa conférence annuelle mi-juin, durant laquelle ses membres devaient voter toutes sortes de mesures définissant qui peut rejoindre l'organisation étudiante, et au final, définissant ce que c'est que d'être allemand, rapporte Deutsche Welle.

Depuis fin 2010, un comité doit déjà examiner la candidature de tout membre potentiel qui n'est pas «ethniquement allemand» ou dont les parents ne le sont pas, ou dont les parents sont allemands mais qui lui-même ne l'est pas.  Ses membres les plus conservateurs souhaitaient avec ce vote obtenir le soutien officiel des différents chapitres de l'organisation réunis à la conférence.

Surtout, le Burschenschaft voulait exclure un de ses sections régionales parce qu'elle avait admis un étudiant remplissant tous les critères de l'association, mais dont les parents sont chinois.

«Des caractéristiques faciales et corporelles non-européennes»

Kai Ming Au est un citoyen allemand qui a servi dans l'armée nationale, mais son CV n'a pas impressionné les éléments les plus conservateurs de l'organisation, rapporte la BBC qui s'est procurée des documents internes affirmant que les personnes avec «des caractéristiques faciales et corporelles non-européennes» ne pouvaient être qualifiées d'allemandes, et ne pouvaient donc pas rejoindre le groupe...

Un document précise:

«Spécialement dans une période d'immigration en hausse, il n'est pas acceptable que des gens qui n'ont pas un arbre généalogique allemand soient admis au Burschenschaft.»

Les deux mesures ont finalement été retirées du vote sous la pression de l'aile plus libérale de l'association, mais son porte-parole a dit qu'il s'attendait à un «débat animé» sur les critères d'adhésion.

L'un des délégués opposé à ces mesures les a décrites comme «introduisant une carte d'identité aryenne» à The Independent. Ironique, note Gawker, puisque les nazis ont dissout le Burscenschaft en 1935.

Deux chercheurs qui étudient l'extrême-droite et les associations étudiantes s'inquiètent de cette radicalisation:

«Cela montre clairement à quel point nous devons être vigilants, spécialement les universités, parce que ce qui est problématique et dangereux c'est que ce n'est pas juste un petit club d'escrime, c'est une association scolaire.»

Les membres du Burschenschaft suivent toutes sortes d'études, on en trouve en droit, en éco ou en école d'ingénieurs par exemple, et certains d'entre eux finiront à des postes influents...

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