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L'affaire DSK divise un couple de juristes

Temps de lecture : 2 min

Dominique Strauss-Kahn et Marc A. Agnifilo, le 19 mai 2011. REUTERS/Richard Drew/Pool.
Dominique Strauss-Kahn et Marc A. Agnifilo, le 19 mai 2011. REUTERS/Richard Drew/Pool.

Il est associé du cabinet de l’avocat Benjamin Brafman, elle occupe un poste élevé au sein du bureau du procureur de l’Etat de New York, et les deux auraient donc dû travailler face à face, chacun pour un camp, sur l'affaire Strauss-Kahn. On dirait le scénario du film Madame porte la culotte de George Cukor, mais c'est une histoire vraie que nous raconte le New York Times, celle de Marc A. Agnifilo et Karen Friedman Agnifilo, un couple de juristes.

Le quotidien décrit comment le mari a appris les événements du 14 mai:

«Marc A. Agnifilo était dans sa maison de campagne […] en train de s’occuper de ses trois enfants après le dîner […], quand son téléphone mobile a sonné. Son associé Benjamin Brafman lui a dit que Dominique Strauss-Kahn, qui venait d’être arrêté à Manhattan sous l’incrimination d’agression sexuelle, avait retenu leur cabinet.»

Réaction de son épouse: «Oh, je vais appeler Cy tout de suite.» «Cy», c’est Cyrus Vance, le procureur de New York, que Karen Friedman Agnofilo assiste en tant que chef du bureau des procès, après avoir été dans le passé adjointe au responsable de l’unité des crimes sexuels. Ce jour-là, elle l’appelle pour immédiatement se récuser sur l’affaire.

Selon le New York Times, les deux époux ont été dans cette situation plus de vingt fois en dix-huit mois, mais «celle-ci en particulier va renforcer la surveillance dont fait l’objet leur position». Marc A. Agnifilo a expliqué au quotidien qu’il n’était pas informé de l’arrestation de DSK avant le coup de fil de Benjamin Brafman, qui lui a été présenté il y a cinq ans par sa femme, et qu’il n’a discuté avec elle que du «volume énorme» de la couverture médiatique du scandale.

Le 18 mai, un article du New York Daily News soulignait déjà que Marc A. Agnifilo était l’époux de Karen Friedman Agnifilo et que cette dernière s’était récusée, et Bloomberg avait également rapporté l’information. Les deux organes de presse n’avaient en revanche pas pu donner la parole aux intéressés, un porte-parole du bureau de procureur précisant à l’époque à l’agence qu’il s’agissait d’une «pratique de routine».

Marc A. Agnifilo était aux côtés de Dominique Strauss-Kahn le 19 mai, quand l’ex-directeur général du FMI a été formellement inculpé et libéré sous caution. Ce jour-là, il assistait son client avec l’avocat washingtonien William Taylor, alors que Benjamin Brafman était en Israël pour raisons familiales.

Karen Friedman Agnifilo, elle, était citée la semaine dernière dans le New York Times au sujet de la volonté du bureau du procureur de davantage utiliser l’ADN comme preuve: elle expliquait au quotidien qu’à l’heure actuelle, un échantillon est prélevé après chaque condamnation pour crime, mais seulement pour 35 types de délits.

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