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Le «girl power» peine à s'installer en Allemagne

Temps de lecture : 2 min

Women's shoe heels / boolve via Flickr CC License By
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C’en est assez pour Ursula van der Leyen, la ministre du travail de l’Union chrétienne-démocrate d’Allemagne (CDU) du gouvernement de Merkel. En janvier dernier, elle avait proposé une loi sur l’introduction d’un quota obligatoire de femmes à la tête des entreprises allemandes. En effet, seuls 3,2% des postes de direction sont occupés par des femmes dans les 200 plus grandes sociétés outre-Rhin. Après des mois de promesses faites du bout des lèvres, la ministre vient de relancer son «offensive contre la tenace culture des trois K - Kinder, Küche, Kirche (enfants, cuisine, église)».

Dans un entretien donné au quotidien économique Handelsblatt, la ministre a déclaré que son but était de faire passer la loi sur les quotas de femme pendant la législature en cours:

«Dans les plus grosses entreprises, rien n’a été fait. La plupart des conseils d’administration restent des espaces réservés aux hommes, avec une moyenne blâmable de 3% de femmes. Après avoir témoigné, pendant dix ans, d’un intérêt de pure forme pour la question, les entreprises doivent s’astreindre à de vrais objectifs, ainsi qu’à un calendrier d’application.»

Au-delà de la parité, la ministre, selon le quotidien, tente aussi d’anticiper le manque programmé de personnel qualifié en Allemagne. C’est ce qu’elle a expliqué récemment lors d’un congrès co-organisé par le Handelsblatt à Cologne:

«Ce manque est l’enjeu central de l’économie du pays dans les prochaines années. Selon les experts, si nous n’agissons pas maintenant, nous allons manquer d’environ 6,5 millions de personnes d’ici 2025. Nous avons besoin de talents, et les femmes constituent, à ce titre, un immense potentiel. Un quart des femmes en âge de travailler est sans emploi. Et cela représente à peu près 6 millions d’individus. Si nous nous tournions vers les femmes, nous pourrions en partie combler le manque de personnel qualifié à venir.»

En attendant, rappelle le Spiegel, Ursula Van der Leyen est seule. Dans son propre camp, la ministre de la famille Kristina Schröder souhaite que les entreprises respectent, en deux ans maximum, le quota qu’elles se seraient elles mêmes fixé. Ne pas inscrire ces quotas dans la loi, c’est aussi le vœu des libéraux du FDP, les partenaires de la CDU de Merkel dans la coalition gouvernementale. Le magazine Focus a recueilli l’avis de quelques femmes:

«Pour la ministre de la justice Sabine Leutheusser-Schnarrenberger (FDP), il ne suffit pas de pointer du doigt les entrprises (…) La porte-parole du groupe FDP à l’assemblée, Miriam Gruß, considère la proposition de Van der Leyen comme inacceptable pour son parti.»

Proche d’Ursula Van der Leyen, Merkel s’était elle-même indignée, en février dernier, du pourcentage si faible de femmes aux postes à haute responsabilité. Mais aujourd’hui, dit le Spiegel, elle semble poser sa main protectrice sur le monde de l’économie.

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