Monde

En Inde, 1,2 milliard d'habitants mais pas de bourreau

Slate.fr, mis à jour le 15.06.2011 à 10 h 59

une potence. fractalznet via Flickr CC Licence by

une potence. fractalznet via Flickr CC Licence by

1,2 milliard d’habitants dont «des banquiers, des gourous, des fouilleurs de poubelles, des milliardaires, des charmeurs de serpents, des ingénieurs en informatique, des cultivateurs de lentilles, des conducteurs de rickshaw, des rebelles maoïstes, des stars de Bollywood»… mais pas de bourreau. Le New York Times consacre un article à la recherche par l’Inde d’un exécuteur à l’approche d’une exécution capitale par pendaison, la première depuis 2004 dans le pays et depuis plus de vingt ans dans l’Etat où a eu lieu la condamnation, selon l’agence Associated Press.

Le quotidien explique qu’après le rejet par le président indien Pratibha Patil, en mai, du recours en grâce de Mahendra Nath Das, un meurtrier qui avait décapité sa victime avec une machette, le pays s’est rendu compte que «sa poignée d’exécuteurs connus étaient morts, à la retraite ou introuvables».

Dans l’Etat d’Assam, dans le nord-est de l’Inde, les responsables pénitentiaires se sont mis «avec réticence» à en chercher un: ils ont ainsi retrouvé la trace de Mammu Singh, le fils du bourreau qui avait exécuté un des assassins d’Indira Gandhi, mais ce dernier est mort le 19 mai… Son fils aîné a alors déposé une demande auprès du gouvernement pour obtenir l’autorisation d’exercer comme bourreau, expliquant vouloir «perpétuer l’héritage familial» en reprenant cette charge payée 75 dollars par mois. Interviewé fin mai par le Times of India, il a détaillé les raisons de sa candidature:

«Aujourd’hui, ma famille est seulement connue à cause de cela. En tant qu’enfant idéal, je veux en perpétuer les principes et l’héritage. Mon père ne m’a jamais forcé à suivre cette tradition, mais je veux le faire. […] Je connais toute la procédure pour pendre quelqu’un. Devenir un bourreau n’est pas une tâche facile mais j’ai grandi dans une famille qui a une vaste expérience dans ce domaine. Je veux avoir une chance de servir la nation.»

Selon l’Associated Press, «si aucun bourreau professionnel n’est trouvé, les règlements pénitentiaires autorisent un prisonnier à se porter volontaire pour procéder à l’exécution». L’avocat du condamné essaie de son côté de le sauver en arguant que son client est en prison depuis 1997 et que l’exécuter constituerait un acte de cruauté. Selon ses propos cités par AP, «il espère envers et contre tout que quelque chose pourra le sauver».

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