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La dernière détenue de la bande à Baader libérée

Temps de lecture : 2 min

Birgit Hogefeld, le 5 novembre 1996. REUTERS/Kai Pfaffenbach
Birgit Hogefeld, le 5 novembre 1996. REUTERS/Kai Pfaffenbach

Les années de plomb semblent de plus en plus loin. Le dernier membre de la bande à Baader, organisation terroriste d’extrême-gauche qui opéra en Allemagne de l’Ouest des années 70 à sa dissolution en 1998, va être libéré. Après 18 ans de détention, la cour d’appel vient d’autoriser Birgit Hogefeld, 54 ans, à quitter sa prison. Alors qu'elle avait été condamnée à la réclusion à perpétuité, une libération conditionnelle a été accordée, relate la Frankfurter Allgemeine Zeitung:

«Cette ancienne activiste de la Fraction Armée Rouge aurait largement pris ses distances avec l’organisation, et aurait reconnu son entière responsabilité dans les faits. Son "évolution positive" au sein de la prison de femmes de Francfort a également compté dans la décision.»

La Süddeutsche Zeitung précise:

«Hogefeld, connue pour avoir été l’une des révolutionnaires les plus fanatiques, s’est transformée en étudiante déterminée. En régime de semi-liberté depuis deux ans, elle travaille toute la journée dans une maison d’édition. Elle a aussi validé un diplôme universitaire de lettres par correspondance et commence une thèse.»

Membre dit «de troisième génération », elle était entrée dans la clandestinité dans les années 80, à l’âge de 28 ans, avant d’être capturée en 1993 dans le village de Bad Kleinen. Lors de cette arrestation historique, son ami et complice Wolfgang Grams avait été tué lors d’un échange de tirs.

La Frankfurter Rundschau rappelle les faits reprochés:

«Assassinat d’un soldat américain, conduite en 1985 d’un attentat à la bombe sur la base aérienne américaine de Francfort ayant causé deux morts. En 1996, le tribunal condamne Hogefeld à la perpétuité. On lui a également reproché d’avoir participé à la tentative d’assassinat du futur président de la Bundesbank Hans Tietmeyer et de son chauffeur. En 1998, la Cour, manquant de preuves, a cependant retiré ce dernier chef d’accusation.»

En 2004, Birgit Hogefeld avait procédé à une demande de grâce. En 2010, elle avait réitéré celle-ci auprès du président de la République de l'époque, Horst Köhler. Mais cet entretien en tête-à-tête n’avait rien donné. La Süddeutsche Zeitung explique pourquoi:

«Pour son avocat, ce refus présidentiel a certainement été dû au fait qu’elle a résolument gardé le silence à propos des attentats non élucidés de la Fraction Armée Rouge.»

Slate.fr

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