Economie

Le FMI victime d'une cyber-attaque massive

Slate.fr, mis à jour le 12.06.2011 à 9 h 20

Devant les bureaux du FMI à Washington. REUTERS/Jonathan Ernst

Devant les bureaux du FMI à Washington. REUTERS/Jonathan Ernst

Décidément rien ne va plus au Fonds monétaire international (FMI). A la recherche d'un nouveau directeur général après la démission contrainte de Dominique Strauss Kahn, l'organisation internationale doit faire dans le même temps aux conséquences d'une attaque informatique massive et sophistiquée qui aurait «ouvert une brêche majeure» dans ses systèmes. De nombreux fichiers informatiques auraient été diffusés à l'extérieur.

L'objectif des agresseurs aurait été d'installer un logiciel espion dans le système informatique de l'organisation. Cela aurait permis à un Etat, à un adversaire du Fonds monétaire international ou à des spéculateurs de savoir quelles sont exactement la stratégie et les intentions de l'institution internationale L'intrusion se serait produite avant l'arrestation pour agression sexuelle, le 14 mai, de Dominique Strauss-Kahn, alors directeur général du FMI. Selon le New York Times, le conseil d'administration du Fonds a été alerté mercredi dernier. Le FBI (police fédérale américaine) a ouvert une enquête et l'hypothèse aujourd'hui considérée comme la plus probable est celle d'une attaque menée par un gouvernement.

Le FMI détient des informations parfois confidentielles sur par moins de 187 pays membres de l'organisation. Parce que le FMI est directement impliqué dans les aides financières accordées à des Etats en difficulté comme le Portugal, la Grèce ou l'Irlande - et possède des données sensibles sur d'autres pays ayant des problèmes - ses systèmes informatiques contiennent des données immédiatement rentables sur les marchés financiers. Elles peuvent aussi mener à des scandales et à des chantages politiques dans la mesure ou les dirigeants des pays en question tiennent des propos et prennent des positions dans les négociations avec l'institution internationale qui sont parfois assez éloignés des discours et des postures officiels. Le New York Times évoque même «de la dynamite politique pour certains pays».

L'inquiétude après cette attaque, l'ampleur des dégâts n'est pas encore exactement mesurée, est telle que la Banque Mondiale, autre grande organisation financière internationale spécialisée dans le développement et dont les bureaux se trouvent à quelques dizaines de mètres à Washington du FMI, a coupé dans l'urgence les liens informatiques entre les deux maisons.

Le FMI n'a pas apporté beaucoup de détails sur l'attaque dont il a été victime, mais elle est sans doute, selon des spécialistes, liée à la technique dite du «phishing» (hameçonnage) qui consiste à pénétrer un système en faisant activer par inadvertance des programmes cachés ou chevaux de Troie. Les employés du FMI ont été mis en garde récemment contre les dangers potentiels d'une attaque par «phishing».

Le Fonds monétaire international reçoit enfin en permanence de nombreuses menaces. Récemment, le groupe de hackers Anonymous a lancé un appel à une attaque contre le FMI «pour s'opposer au plan d'austérité corrompu des dirigeants du gouvernement grec et du FMI».

 

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