Culture

Un film d'horreur anti-avortement fait débat aux Etats-Unis

Temps de lecture : 2 min

«Big Baby» de Ron Mueck. REUTERS
«Big Baby» de Ron Mueck. REUTERS

Trois femmes sont kidnappées dans une clinique alors qu'elles veulent se faire avorter, puis contraintes à continuer leur grossesse et accoucher. C'est le thème du film d'horreur antiavortement The Life Zone (La Zone de vie), qui a été présenté au festival de films de Hoboken (New Jersey) le 4 juin, comme le relate un communiqué publié sur le site PR Urgent.

Le film tente de présenter les deux visions du thème abordé, et offre selon le site des scènes saisissantes visant à critiquer l'avortement.

Pour le site TalkingPointMemo:

«Dans l'esprit des films reprenant les idées de la droite républicaine, le prologue est un peu bidon, s'ouvrant sur un vieil homme dans l'ombre disant, d'une voix rêche et effrayante: “Vous avez toutes commis un terrible péché.” […] Alors que le film veut faire de kidnappeurs plutôt malsains des héros, The Life Zone tente de contrebalancer ce fait par des pépites dans les dialogues, telles que “Vous étiez toutes sur une table d'opération, toutes prêtes à commettre un meurtre... Vos enfants verront le jour, comme Dieu l'a voulu."»

Le scénariste et producteur est Kenneth del Vecchio, un républicain et avocat qui souhaite se faire élire au Sénat du New Jersey. «Il a aussi produit les films Kinky Killers, Rules for Men (qui présente une énorme paire de seins sur la pochette du DVD), ou encore iMurders», rappelle le site Shock Till You Drop. Il avait du démissionner de son travail d'avocat municipal pendant la promotion du film O.B.A.M. Nude, une satire de la prise de pouvoir de Barack Obama dans laquelle un étudiant accro à la cocaïne vend son âme au diable pour devenir un leader socialiste, raconte le Village Voice.

Le casting est étonnant: on y trouve Robert Loggia, Lindsay Haun, Blanche Baker, ou encore Charles Durning et Martin Kove, tous des acteurs et actrices connus des amateurs de cinéma bis.

Pour le site féministe Jezebel, le film «semble plutôt pro-choix. Toutes ces femmes sont forcées à enfanter par des crevures anti-avortement, qui les accusent de meurtre? Une des femmes proclame même son droit constitutionnel à l'avortement».

Le site Hypervocal pose la question la plus importante selon lui:

«Quel est le but de del Vecchio? Que les femmes le voient, apprennent une leçon de morale et n'avortent plus jamais? Que dorénavant on se se souvienne pourquoi on aimait Robert Loggia avant d'être déçu par sa participation à ce film? Les pro-vie ne peuvent pas voir ce film et penser qu'il joue en leur faveur, n'est-ce pas?»

Slate.fr

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