Monde

Un jeu vidéo sur la controversée société de sécurité Blackwater

Slate.fr, mis à jour le 09.06.2011 à 17 h 52

Rabid Viper Productions, via Wikimedia Commons

Rabid Viper Productions, via Wikimedia Commons

L’éditeur de jeux vidéo 505 Games s’attire les critiques pour avoir créé un jeu sur Blackwater, la société de sécurité privée américaine connue pour ses dérives en Irak, rapporte ABC News (Australie).

Le jeu, sobrement intitulé Blackwater, invite à rejoindre une équipe d’agents privés chargés de protéger une ville fictive située en Afrique du Nord, combattre des chefs de guerre et se confronter à deux milices. Afin que le jeu soit le plus réaliste possible, les concepteurs ont collaboré étroitement avec Erik Prince, co-fondateur de Blackwater (devenue Xe Services). Ce dernier, cité par The Escapist, explique le concept du jeu:

«Avec son approche immersive grâce à Kinect, il donnera aux joueurs la chance de découvrir ce que c'est que d’être en mission au sein d’une équipe de Blackwater sans avoir connu de réelle situation de combat.»

Selon Benjamin Isakhan, spécialiste de l’Irak à l’université australienne de Deakin cité par ABC News, «c’est tout simplement de mauvais goût», mais aussi «indélicat envers les familles des Irakiens qui sont morts». L’enseignant souligne que Blackwater a toujours été «une entité très controversée», notamment connue pour «d’abord tirer et ensuite poser des questions».  En Irak, Blackwater était chargée de la protection des diplomates américains jusqu’à ce qu’elle soit expulsée par le gouvernement irakien pour usage excessif de la force.

Pour Tim Colwell, un concepteur de jeu vidéo interviewé par ABC News, il n’y a pas de différence entre ce jeu et les autres jeux de guerre sur le marché. «Il ne faut pas oublier que cela reste un jeu vidéo.  Il y a probablement une intention derrière,  mais c’est pareil pour les jeux vidéo du même type financés par l’armée américaine», a-t-il déclaré à ABC News.

ABC News a aussi interrogé un ancien «contractor» australien qui a côtoyé les employés de Blackwater en Irak. Selon lui, ces derniers avaient une mauvaise réputation principalement en raison de leur tendance à la négligence. «C’est ce qui arrive quand vous mettez un flingue dans les mains de quelqu’un qui vient de quitter l’armée», conclut-il.

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