Economie

Les Allemands travaillent moins que les Européens du sud

Slate.fr, mis à jour le 09.06.2011 à 18 h 38

Un bureau de l'emploi à Berlin, en 2010. REUTERS/Thomas Peter.

Un bureau de l'emploi à Berlin, en 2010. REUTERS/Thomas Peter.

C'était en mai dernier, en pleine crise de la dette. Devant ses militants, Angela Merkel avait critiqué le laxisme de la Grèce et du Portugal. En ligne de mire, l'âge de départ à la retraite et le temps annuel accordé aux congés dans les pays du Sud de l'Europe. Le journal Focus citait alors les propos de la chancelière:

«Certains prennent plein de vacances et d'autres très peu... On ne peut pas avoir une monnaie unique et maintenir de telles différences. Ça ne tiendra pas longtemps. Il faudrait que tous fassent les mêmes efforts.»

Pourtant, une étude de la banque Natixis vient de mettre à bas, point par point, les idées reçues assénées par Angela Merkel. L'étude, datée du 30 mai et effectuée à partir des chiffres de l'OCDE et d'Eurostat, révèle que les Allemands travaillent en moyenne 1.390 heures par an. Un Grec travaille 2.119 heures, un Italien 1.719 heures, un Espagnol 1.654 heures et un Français 1.554 heures...

La Frankfurter Rundschau explique:

«La productivité d'un travailleur allemand équivaut à la moyenne des pays du Sud de l'Europe. Et même si la productivité horaire est, en revanche, au-dessus de la moyenne, elle n'est pas meilleure que celle de la France et de la Grèce.»

En matière de retraites, Angela Merkel a également tout faux. En Allemagne, l'âge légal du départ à la retraite est fixé à 65 ans, et bientôt 67. Mais dans les faits, note Die Welt, il en va autrement:

«Actuellement, les Allemands partent à la retraite à 62,2 ans en moyenne, contre 62,6 au Portugal et 62,3 en Espagne. Les Grecs, avec un âge moyen de départ effectif de 61,5 ans, viennent de décider un recul de l'âge du départ.»

L'auteur de ce que la presse allemande nomme «l'étude française» s'appelle Patrick Artus. Il est cité, entre autres, par Focus:

«Les Allemands travaillent beaucoup moins, et moins intensément que les Européens du Sud.»

Pour lui, les fortes performances économiques de l'Allemagne sont plutôt à chercher du côté de ses capacités d'innovation et de spécialisation, de l'épargne élevée du secteur privé et de sa main-d'œuvre qualifiée.

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