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Weiner, l'homme qui a détrôné DSK dans les médias US

Slate.fr, mis à jour le 08.06.2011 à 14 h 50

une photo d'Anthony Weiner publiée par le site biggovernment.com, REUTERS

une photo d'Anthony Weiner publiée par le site biggovernment.com, REUTERS

Anthony Weiner, l’homme politique américain qui a chassé Dominique Strauss-Kahn de la une des médias du pays pour avoir envoyé des photos osées de lui à des femmes rencontrées en ligne, pensait en finir avec le déchaînement médiatique dont il est la cible depuis plusieurs jours en s’excusant lors d’une conférence de presse lundi 6 juin.

Mais les traces informatiques laissées par la demi-douzaine de relations romantiques que Weiner a entretenues sur Internet au cours des trois dernières années continuent à faire surface dans les médias, et pourraient lui valoir des ennuis judiciaires ou disciplinaires. Une bonne excuse pour permettre aux médias de continuer à s’intéresser aux frasques de l’élu, dont le patronyme, qui se prononce de la même façon que l’argot du mot «pénis», est la cible de nombreuses plaisanteries et jeux de mots.

Le représentant démocrate Anthony Weiner affirme qu’il n’a enfreint aucune loi ou règle du Congrès, mais ses collègues démocrates n’en sont pas si sûrs. La chef de la minorité démocrate de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, et plusieurs autres leaders démocrates ont déjà demandé une enquête pour savoir si Weiner a enfreint les règles d’éthique.

La chambre basse du parlement américain étant dominée par les républicains, il y avait peu de chances pour que Weiner s’en sorte sans une enquête. Mais la réaction de Pelosi montre que les démocrates ne sont pas prêts à laisser trop de plumes dans la défense du député de New York.  

L’enquête devrait s’intéresser à un épisode en particulier: Weiner aurait offert les services de son équipe de relations publiques à une star du porno avec qui il échangeait des emails. Le tabloïd de Los Angeles TMZ rapportait mardi 7 juin que Weiner a demandé à l’actrice Ginger Lee de mentir au sujet de leur relation et lui a proposé un conseiller pour gérer les demandes de la presse. Weiner lui aurait écrit dans un email du 1er juin:

«La clé est d’avoir un communiqué court et bien ficelé qui répond aux principales questions et d’y référer les gens. Ayez quelques réitérations comme “C’est stupide. Je suis le député Weiner sur Twitter, comme beaucoup de gens. Je ne le connais pas et ne l’ai jamais rencontré. Il m’a brièvement suivi sur Twitter et m’a envoyé un message en me remerciant de le suivre. C’est tout.”» (1)

Le lendemain, Weiner aurait écrit dans un nouvel email:

«Avez-vous besoin de parler à un pro des RP pour vous conseiller? Je peux demander à quelqu’un de mon équipe de vous appeler.»

Si les emails sont authentifiés et que Weiner a proposé l’aide d’un membre de son équipe au congrès, il pourrait être en violation des règles d’éthique de la Chambre des représentants.  

(1) NDT: le «you» anglais par «vous» ou «tu».

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