Monde

La Grèce verse la retraite aux morts

Slate.fr, mis à jour le 07.06.2011 à 12 h 44

«First cemetery of Athens, Greece»/Tilemahos Efthimiadis CC Licence By

«First cemetery of Athens, Greece»/Tilemahos Efthimiadis CC Licence By

Le ministère du Travail grec vient de découvrir que plusieurs milliers des fonctionnaires retraités qu’il paie sont... morts, nous apprend El Pais. La ministre Louka Katseli parle de «quelque 4.500 retraites perçues au nom de personnes décédées et plus de 18.000 cas d’indemnités de chômage à des personnes qui n’y ont pas droit» dans une interview avec le journal Ta Nea.

Une fraude dont Athènes n’a pas franchement besoin: sa dette s’élève actuellement à plus de 300 milliards d’euros d’actifs publics selon la Banque centrale européenne.

9.000 centenaires, combien de vivant?

Le ministère du Travail doit, à lui seul, économiser huit milliards d'euros entre 2012 et 2015 pour continuer de recevoir les aides de l’Union européenne et du FMI, rapporte Reuters. La retraite des fonctionnaires décédés aurait coûté plus de 16 millions d’euros par an au contribuable, selon Louka Katseli.

Le gouvernement va continuer de mener des contrôles contre la fraude: le ministère du Travail vérifie actuellement «combien des quelque 9.000 retraités de plus de cent ans que nous payons sont encore en vie».

Selon Reuters, les autorités grecques gardent des comptes très approximatifs de leurs dépenses et beaucoup de citoyens ne déclarent pas la mort des membres de leur famille pour continuer à toucher l’argent de leur retraite.

S’attaquer à ce type de fraude  pourrait permettre «la consolidation fiscale sans coûts sociaux, du moment que l’on a la volonté, la persistance et l’efficacité» a estimé la ministre de l’Emploi.

Pourtant, les aides pour les travailleurs ont déjà subi des coupes considérables, souligne El Pais: une réforme du système des retraites datant de juin 2010 a restreint les départs anticipés, fait passer l’âge légal de départ à la retraite de 60 à 65 ans pour les hommes et les femmes, et augmenté l’âge de cotisation de 35 à 40 ans.

Louka Katseli a également défendu, dans le cadre du plan d’austérité du gouvernement de George Papandreou, une mesure qui consiste à rabaisser le salaire des jeunes travailleurs, et faciliter leur licenciement, conclut le quotidien espagnol.

http://www.flickr.com/photos/telemax/4599861536/
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