Économie

Les maladies infectieuses entravent la démocratie

Temps de lecture : 2 min

Un ophtalmologiste dans un camp de réfugiés libyens à Tataouine, en Tunisie, REUTERS/Anis Mili
Un ophtalmologiste dans un camp de réfugiés libyens à Tataouine, en Tunisie, REUTERS/Anis Mili

Comment naît la démocratie? C’est une des questions centrales des sciences politiques sur laquelle ont travaillé des générations de chercheurs. Si l’enrichissement de la population et l’apparition d’une classe moyenne importante sont considérés comme des facteurs positifs depuis longtemps, un nouveau facteur commence à être sérieusement étudié pour expliquer l’absence de progrès démocratique dans certaines régions: les maladies infectieuses.

Un groupe de chercheurs de l’université d’Harvard a récemment noté qu’un milliard de personnes vivent avec moins d’un dollar par jour, et sont «à peu près aussi pauvres que leurs ancêtres il y a de cela des milliers d’années». Selon eux, une des raisons à cela est les maladies qui créent une pauvreté dont les individus n’arrivent pas à s’extirper, rapporte Ronald Bailey sur le site Reason.com.

Le cercle vicieux peut se résumer ainsi: les maladies font baisser la productivité économique, ce qui empêche la création des ressources nécessaires pour améliorer les conditions sanitaires et l’aide médicale, ce qui rend les populations vulnérables à de nouvelles maladies.

Randy Thornhill et Corey Fincher de l’université du Nouveau Mexique ont poussé cette théorie encore plus loin avec leur «hypothèse parasite de démocratisation»: non seulement les maladies empêchent l’enrichissement, mais elles empêchent la libéralisation des sociétés par un réflexe comportemental naturel. Selon eux, l’ethnocentrisme et le communautarisme sont une sorte de système immunitaire contre les maladies:

«La xénophobie en tant qu’adaptation défensive contre des parasites pour lesquels il y a une absence d’adaptation locale est plus prononcée dans les régions plus exposées aux parasites.»

Ils ont ainsi montré que dans les régions historiquement touchées par les épidémies, la culture tend plus vers l’ethnocentrisme et la conformité, un repli sur soi qui inhibe la transmission des maladies. Fincher et Thornill concluent:

«Si l’hypothèse parasite de la démocratisation est confirmée par de nouvelles études, les efforts humanitaires en faveur des droits de l’Homme, de la liberté et de la démocratie en général seront plus efficaces s’ils se concentrent sur le niveau de causalité le plus basique de la réduction des maladies infectieuses.»

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