Monde

Un commando de retraités japonais prêts pour Fukushima

Slate.fr, mis à jour le 03.06.2011 à 11 h 31

Intérieur de la centrale. TEPCO/via REUTERS

Intérieur de la centrale. TEPCO/via REUTERS

Le sens du sacrifice. Un groupe de 200 retraités japonais se sont portés volontaires pour aller aider à réduire la crise de la centrale nucléaire Fukushima. Ces vétérans de talent, comme ils s’appellent, est formé d’anciens ingénieurs et autres anciens professionnels, tous âgés de plus de 60 ans, raconte la BBC.

L’initiative en revient à Yasuteru Yamada, 72 ans, qui s’est mis en tête de lever cette petite armée d’anciens, parce que c’est à sa génération de se lever et d’aller se battre contre les radiations et parce qu’il ne pouvait plus regarder les images à la télévision sans participer.

Dans cette version modernes des «Sept samouraïs» de Kurosawa, ce n’est pas en parcourant la campagne à pied que Yasuteru a rassemblé son armée de volontaires —160 personnes enregistrés au 23 mai, ils seraient près de 200 aujourd’hui—, mais en passant  des coups de fil à d’anciens collègues, utilisant le mail et même Twitter.

Sens du sacrifice? Courage exceptionnel? Non, répond le retraité, juste de la logique. «J’ai 72 ans, explique-t-il à la BBC, il me reste entre 13 et 15 ans à vivre». S’il est exposé aux radiations relâchées par la centrale japonaise détruite par le séisme et le tsunami, que risque-t-il ? «Le développement d’un cancer pourrait prendre entre 20 et 30 ans». D’ailleurs, le cancer, Yasuteru l’a déjà combattu et battu.

Yamada doit encore convaincre les autorités japonaises avant de partir avec son corps expéditionnaire aider les ingénieurs de Tepco à réparer ce qui peut encore l’être. Goshi Hosono, un conseiller du Premier ministre Naoto Kan, estime qu’il n’y a pas besoin de ces retraités pour l’instant, même si cette aidée est appréciée : 

«Nous sommes actuellement en train de mettre en place une méthode qui fera que les hauts niveaux de radioactivité ne seront pas accumulés dans le corps de travailleurs. La règle est justement de ne pas avoir besoin de faire appel à un “commando suicide”».

«Nous ne sommes pas des kamikazes, lui a répondu Yasuteru. Les kamikazes allaient mourir, nous allons revenir».

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