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La bactérie tueuse fait déborder les hôpitaux allemands

Slate.fr, mis à jour le 03.06.2011 à 11 h 30

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Mardi 30 mai, la Basse-Saxe annonçait le 16e décès recensé en Allemagne: une femme de 84 ans qui n’a pas survécu à l’infection intestinale par la bactérie tueuse qui se propage de plus en plus vite dans le Nord de l’Allemagne, relatait Focus mercredi :

«Selon Thomas Spieker, porte-parole du ministère de la santé, 250 nouveaux cas ont été avérés. De plus, le nombre de patients souffrant du syndrome hémolytique et urémique (SHU), est passé de 47 à 68 entre mardi et mercredi. A Hambourg, 119 nouveaux cas d’infection E. Coli se sont ajoutés en 24 heures.»

Dans ce contexte de crise, les hôpitaux du Nord de l’Allemagne sont débordés, écrit le site berlinois BZ :

À Hambourg, les cliniques sont pleines à craquer, si bien que les patients se rendent à Hanovre, dans le service du Pr Jens Kielstein, où 31 patients sont soignés. “Certains soignants ont annulé leurs vacances pour nous aider”. Reinhard Brunkhorst est un autre professeur de la clinique, il est également président de la société allemande de néphrologie. Pour lui, qui n’a pas dormi depuis 24h, l’épidémie est bien plus inquiétante que la grippe H1N1. 

L’accroissement massif de la demande de soins demande du temps, des lits disponibles, des appareils de dialyse, des réserves de sang et de plasma. La Frankfurter Allegemeine Zeitung s’est rendue dans une clinique de Schwerin, une ville moyenne du nord de l’Allemagne, où sont actuellement traités six patients gravement contaminés.

Les patients, atteints d’insuffisance rénale aiguë, ont besoin d’un traitement particulier. «La nécessaire transfusion de plasma dure jusqu’à quatre heures par patient. En temps normal, ce geste n’exige qu’une seule machine. Mais là, il en faut deux. Sans compter la dialyse que l’on effectue en parallèle», explique le Dr Nürnberger, chef du service de néphrologie.

L’Allemagne compte un peu plus de 1.000 cas d’infections E.Coli par an. La pathologie touche surtout les enfants, car leur système immunitaire n’est pas encore totalement achevé. Rien de nouveau, donc, pour le Dr Nürnberger, si ce n’est le nombre inhabituel de cas, et la variété des catégories d’âge infectées. Pour l’instant, l’épidémie est aussi l’occasion d’examiner ce dont l’hôpital manque : du temps, des moyens, des lits et du personnel…

Pour Kristina Biedermann, en charge des questions d’hygiène à la clinique de Schwerin, il ne faudrait pas que ces lacunes ne déclenchent un effet de débordement:

Le plus important est d’empêcher la propagation de l’infection au sein de l’hôpital. Nous le martelons auprès de tous les personnels soignants. 

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