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Les îles submergées peuvent-elles devenir des États sous-marins?

Temps de lecture : 2 min

Atoll dans les Maldives/nattu via FlickR CC Licence By

Les îles basses des océans tropicaux comme les Maldives ou Kiribati pourraient bien être complètement submergées un jour à cause de l’élévation des eaux de mer, nous rappelle The Economist.

Le niveau de la mer a monté de 20 centimètres en un siècle, et pourrait augmenter cinq fois plus d’ici 2100 si les feuilles de glace du Groenland commencent à fondre, affirme le magazine britannique. Dans ce cas-là, la disparition des «îles submergées», les atolls, est une possibilité à prendre en compte. Et la question se pose: que va-t-il advenir des États une fois sous l’eau?

Ce problème n’est pas essentiellement théorique: même si les îles ne sont pas immergées avant des siècles, les côtes qui disparaissent petit à petit posent déjà le problème du droit d’exploitation des minéraux et du poisson pour les habitants des îles, comme le confirme David Wei, de l’organisation non gouvernementale Fields.

Selon le droit de la mer, un État a 12 milles maritimes d’eaux territoriales, et une zone exclusive économique de 200 milles (370 kilomètres) de rayon maximum. Il peut également revendiquer la propriété d’un plateau continental juridique dans une limite de 350 milles marins. Certains professeurs estiment qu’une fois ces lignes de base établies pour un État, elles sont inamovibles, ce qui permettrait aux îles basses de conserver leurs droits.

Pourtant, le droit international établit qu’un État doit avoir un territoire déterminé, une population permanente et la possibilité de négocier avec d’autres États, ce qui semble compliqué pour une île «sous-marine». The Economist souligne aussi que seules les îles peuvent «supporter des aires économiques», contrairement aux simples rochers, ou les lieux ne pouvant pas «supporter d’habitation humaine ou de vie économique propre».

Malgré tout, l’hebdomadaire conclut que dans la pratique les îles submergées pourront probablement maintenir leur statut d’États. Selon la professeure de droit de Berkeley Jenny Grote Stoutenburg, si les atolls réussissaient à maintenir une structure flottante artificielle, ils pourraient rester des États.

Autre piste, celle des états «déterritorialisés», comme l’Ordre de chevalerie de Saint-Jean qui était traité dans le passé comme un royaume malgré l’absence de territoire propre. La professeure Rosemary Rayfuse, de l’université australienne de New South Wales encourage la réappropriation de ce concept d’autorité sans territoire.

Quoi qu’il en soit, le risque encouru par les îles est bien réel. La conférence de Cancún sur le climat, en novembre dernier, a parlé d’une possible «fin de l’histoire» pour les atolls, peut-on lire sur Reuters. Les îles les plus en danger seraient Kiribati, Tuvalu, les îles Cook, et Marshall et les Maldives.

Slate.fr

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