Monde

Ralph Lauren, la marque préférée des narcos mexicains

Temps de lecture : 2 min

«Pink Polo» via Flickr achimh Licence CC By 2.0
«Pink Polo» via Flickr achimh Licence CC By 2.0

Ralph Lauren n’apprécie sûrement pas la publicité qu’il reçoit au Mexique: ses fameux polos sont aujourd’hui associés avec le «look narco», apprend-on sur le Guardian.

C’est l’arrestation d’Edgar Valdez Villareal, surnommé La Barbie, en août dernier qui a mis en valeur cette nouvelle mode. Le trafiquant était apparu face à la presse arborant un sourire narquois... et un polo vert de la collection Big Pony, comme l’avait rapporté le quotidien mexicain El Universal.

Quatre mois plus tard, José Jorge Balderas Garza, El JJ, accusé d’avoir tiré sur un footballeur dans une boîte de nuit, avait été pris par la police vêtu du même polo en bleu, raconte El Excelsior.

Deux autres barons de la drogue se sont affichés avec les polos à motif équestre: Flores Reyes, du cartel d’Acapulco, et Carmona Hernandes d’Oaxaca. Depuis, la blague veut que la marque très BCBG américaine soit le «sponsor» des narco trafiquants (notamment sur Twitter et Facebook).

Mais au-delà de ces réponses amusées, une réalité plus grave se profile. En se présentant comme des icônes de style, les narco trafiquants deviennent des modèles pour certains jeunes mexicains.

Après l’arrestation de La Barbie, des copies des chemisiers étaient vendus sur les étals de la plupart des marchés ambulants. Moins chères que la version originale (150 dollars), elles permettent aux Mexicains moins fortunés d’adopter le look de ces «modèles» enrichis avec leur trafic illégal, selon le site d’information tabascohoy.

Oscar Galicia, un psychologue de l’université Iberoamericana interviewé par le Guardian, explique que «les jeunes ne croient plus en les moyens légaux d’avancement social, ils voient les «narcos» comme des figures dignes de respect».

Une véritable «narcoculture» s’est développée ces dernières années au Mexique. De la musique à la mode, les trafiquants ne sont plus «ringards», contrairement à l’image traditionnelle du criminel «en sombrero et bottes pointues», analyse tabascohoy.

Le gouverneur de l’état de Sinaloa s’est dit inquiet de voir que le mode de vie des trafiquants devient «in». En mai, il a fait interdire les chansons «de narcos» dans les bars et boîtes de nuit de son état.

Slate.fr

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