Sports

Christine Lagarde, réincarnation d'un dauphin

Slate.fr, mis à jour le 30.05.2011 à 11 h 35

Christine Lagarde

Christine Lagarde. REUTERS/Jason Lee.

«J’aime la mer. Je pense que j’ai dû être un dauphin dans une vie antérieure.»

Cette citation est la plus surprenante du portrait que consacre le New York Times à Christine Lagarde sous la plume de sa chroniqueuse-vedette Maureen Dowd. L’article explique que la ministre de l’Economie, favorite pour succéder à Dominique Strauss-Kahn à la tête du FMI, a appris de la natation synchronisée «le travail collectif et comment retenir sa respiration quand les économies mondiales ont plongé la tête sous l’eau». Elle a pratiqué ce sport adolescente après avoir découvert la nageuse et actrice Esther Williams, et a été vice-championne de France à l’âge de 15 ans et membre de l’équipe de France.

Ce n’est pas la première fois que la presse évoque l’amour de la ministre pour l’élément aquatique, même si c’est rarement en des termes aussi poétiques. En avril 2000, alors qu’elle venait de prendre la tête du cabinet d’avocats américain Baker & McKenzie, elle affirmait à L’Express: «J'aime toujours autant nager, mais je le fais plutôt dans les hôtels avec piscine.» En octobre 2009, Le Figaro expliquait que, en natation synchronisée, elle avait également réussi à «intégrer une équipe américaine et participer à des championnats outre-Atlantique». Enfin, en juin 2010, après le fiasco des Bleus lors de la Coupe du monde de football en Afrique du Sud, elle avait rappelé son passé international en estimant que porter le maillot de l’équipe de France donnait une «responsabilité», celle d'être «le meilleur possible», et un «devoir d'exemplarité».

«Moment à la Anita Hill»

En dehors de ces considérations sportives, le portrait du New York Times vante le «panache» de la «séduisante» ministre, qui n’a «jamais été la chérie des élites françaises», au point que Lagarde explique qu’à ses débuts «les médias étaient très prompts à pointer [ses] erreurs pour avoir été trop directe ou ne pas utiliser des phrases politiquement correctes». Et ajoute:

«J’ai fait ce que je fais toujours. J’ai juste serré les dents, souri et fait avec.»

L’article insiste également sur la rupture qu’aurait constituée la nomination d’une femme comme ministre de l’Economie en France —il commence par l’évocation du hall de Bercy où se trouvent les portraits des prédécesseurs de Lagarde, tous des hommes. Il explique enfin que la ministre de l’Economie «convient que la France se trouve à un moment à la Anita Hill», en référence à l’universitaire qui, en 1991, avait marqué le processus de confirmation au Sénat du juge de la Cour suprême Clarence Thomas en affirmant qu’il l’avait harcelée sexuellement.

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