Monde

La Tunisie interdit les sites pornographiques

Slate.fr, mis à jour le 28.05.2011 à 14 h 11

Plus de porno en Tunisie! Le tribunal de première instance a prononcé un jugement en référé à l'Agence Tunisienne d'Internet, ordonnant la fermeture de tous les sites à caractère pornographique, rapporte le site tunisien Business News.

L'ATI est le fournisseur d'accès internet national, rattaché au Ministère des Technologies de la Communication. Cette décision judiciaire fait suite à une plainte déposée mi-mai par trois avocats. Business News explique qu'après la chute de Ben Ali –et la disparition de la censure de l'internet tunisien–, 7 sites pornographiques sont apparus dans le top 100 des sites webs les plus visités dans le pays [PDF], dont 5 au top 50.

Digital Trend précise que la plainte des avocats estimait que ces sites pornographiques étaient contraires aux valeurs musulmanes et représentaient un danger pour la jeunesse tunisienne.

Sous le régime de Ben Ali, le web tunisien était sévèrement censuré, et de nombreux sites étaient inaccessibles. Mais si cette décision judiciaire est confirmée, elle marquera la deuxième fois où le nouveau gouvernement censure internet: début mai, un tribunal militaire a également ordonné à l'ATI de bloquer l'accès à plusieurs sites et profils Facebook en particulier, rappelle Digital Trend.

Au moins quatre pages web ont ainsi été censurées par l'ATI sur ordre du tribunal militaire permanent de Tunis, racontait Business News le 11 mai. Dans un communiqué, le ministère de la Défense nationale expliquait que trois pages «diffusent des séquences vidéo, des commentaires et des articles fallacieux dans le but de porter atteinte à l'institution militaire et à ses hauts cadres, à la confiance du citoyen à l'égard de l'armée nationale et à semer la confusion et le désordre dans le pays». Ces pages (des profils Facebook d'après le communiqué) devaient donc être «filtrées».

Après la révolution de Jasmin, le blogueur et cyberdissident Slim Amamou –plus connu sous son pseudo Slim404– était rentré au nouveau gouvernement en tant que secrétaire d'Etat à la Jeunesse et aux Sports. Mais il a démissionné cette semaine, après quatre mois au sein du gouvernement de transition, en partie à cause de cette nouvelle censure de l'internet.

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