Culture

Le parrain du rap Gil Scott-Heron est mort

Slate.fr, mis à jour le 28.05.2011 à 10 h 57

Gil Scott-Heron en 2009 via Wikimedia Commons

Gil Scott-Heron en 2009 via Wikimedia Commons

Le musicien Gil Scott-Heron, considéré comme un des parrains du rap, est mort vendredi 27 mai à 62 ans. D'après une amie à lui, interrogée par l'Associated Press, il est décédé à l'hôpital des suites d'une maladie contractée en revenant d'un voyage en Europe.

Il rejetait le titre de «Parrain du rap», précisant dans l'introduction d'un recueil de ses poèmes en 1990:

«S'il faut qu'il y ait une initiative individuelle dont j'étais responsable, c'était peut-être qu'il y avait de la musique dans certains de mes poèmes, avec une progression complète et des accroches répétées, qui les faisaient ressembler plus à des chansons qu'à de simple récitations avec des percussions.»

En 2008 il répondait au New York Magazine:

«Je ne dis pas que je n'ai pas inventé le rap, juste que je ne me rappelle pas des circonstances.»

Il a parlé de sa musique, un mélange de percussions, de politique et de poésie comme de «bluesology» ou de «musique du Tiers Monde», et plus tard comme de «musique noire, ou musique noire-américaine».

Le blog rap de MTV Rap Fix salue un musicien «souvent considéré comme l'un des leaders et des principales influences des moments précurseurs du hip hop», qui a aidé à «définir une époque turbulente pour les Afro-Américains dans les années 70», notamment avec son plus célèbre titre, «The Revolution Will Not Be Televised»:

A travers ses chansons, il a notamment abordé des questions comme l'apartheid en Afrique du Sud, les médias de masse, le nucléaire, ou la présidence de Ronald Reagan.

Il a sorti plus de 15 albums, 11 compilations et 9 albums live. Son dernier CD, «I'm New Here», était sorti en 2010 après 16 ans d'absence et avait été salué par la critique, marquant un possible retour du poète à son art après de lourds problèmes de drogue, note Variety.

Il a passé du temps en prison pour possession de drogue, et disait au New York Magazine en 2008 qu'il «faisait de son mieux» pour arrêter la drogue. Il était atteint du VIH.

On retrouve l'influence de Gil Scott-Heron dans la musique de nombreux rappeurs, y compris contemporains. «Who will survive in America», la dernière chanson de l'album «My Beautiful Dark Twisted Fantasy» de Kanye West a par exemple largement samplé une chanson de Scott-Heron. Ce dernier a lui-même samplé Kanye West dans «I'm New Here».

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