Affaire DSK: les médias se sont-ils tus à cause de l'argent?

Dominique Strauss-Kahn au Brésil en mars 2011. REUTERS/Ueslei Marcelino
  • DSK a déménagé dans une maison plus luxueuse pour son assignation à résidence surveillée 
  • Le procureur et la femme de chambre ont élargi leurs troupes
  • DSK a fait la une de plus de 150.000 quotidiens dans le monde depuis le 15 mai

L'argent est-il la raison du silence des médias sur la vie privée des politiques?

[PressGazette] La société de recherche financière GaveKal estime que ce sont des raisons d'argent, et non pas des raisons culturelles ou légales, qui font que les médias français ne parlent pas de la vie privée de personnalités politiques.

PressGazette a interviewé son PDG qui affirme ainsi:

«En regardant rapidement n'importe quel journal français, ou n'importe quelle chaîne de télévision française, on voit qu'entre 50 et 75% des publicités sont pour des services ou des produits proposés soit par une entreprise possédée par l'Etat (EDF, SNCF, Gaz de France, La Poste...) soit par une entreprise dont le gouvernement est en partie propriétaire (Air France, Renault...).»

D'après lui, il faudrait voir dans cette dépendance des médias aux revenus étatiques la raison pour laquelle ils ne sont pas suffisamment agressifs, et il avance comme preuve le fait que «absolument chaque gros scandale politique a été percé par des juges indépendants ou par Le Canard Enchaîné (le seul journal sans publicités)».

DSK, carton des médias

[Stratégies / L'entreprise] Dominique Strauss-Kahn a fait la une de plus de 150.000 quotidiens depuis le 15 mai, devenant «la personne la plus connue» de la planète pour l'institut d'études Kantar Media. Au niveau strictement français, DSK a représenté 13.761 unités de bruits médiatiques (UBM), c'est-à-dire qu'entre le 15 et le 22 mai chaque Français a été en contact dans les médias avec l'affaire DSK en moyenne 137,61 fois, détaille Stratégies.

Son arrestation est l'évènement ayant généré en France le plus d'UBM depuis la création de cette mesure, en 2000, précise L'entreprise. Presque deux fois plus que l'élection de Nicolas Sarkozy en 2007 et celle de Barack Obama en 2008, et six fois plus que le tremblement de terre et le tsunami au Japon.

Le procureur et la femme de chambre musclent leurs équipes

[New York Times] Alors que Dominique Strauss-Kahn a dès le 15 mai constitué une équipe de défense solide avec l'avocat William Taylor (qui l'avait déjà conseillé lors de l'affaire Piroska Nagy au FMI) et le ténor du barreau Benjamin Brafman, le ministère public et la femme de chambre renforcent en ce moment leurs équipes.

Du côté du procureur, deux responsables plus seniors viennent se joindre à Artie McConnell pour représenter le ministère public, qui poursuit DSK. Joan Illuzzi-Orbon et Ann P. Prunty ont tous deux mené récemment des procès très médiatisés, qu'ils ont remporté.

Le bureau du procureur prend l'affaire DSK au sérieux depuis le début, rappelle le New York Times: lors de l'arraignment de Dominique Strauss-Kahn, le n°2 du bureau du Manhattan District Attorney était présent auprès d'Artie McConnell, un fait extrêmement inhabituel. Lors de l'appel sur la caution, le 19 mai, c'était la chef de l'unité des crimes sexuels du bureau Lisa Friel qui accompagnait McConnell, là encore une présence inhabituelle.

Dans un autre article, le quotidien américain rapporte également que la femme de chambre qui accuse DSK de l'avoir agressée sexuellement a élargi son équipe d'avocats. Si celle-ci, dans la procédure criminelle américaine, est considérée comme témoin dans le procès, rien ne l'empêche d'être conseillée par des avocats. En plus de Jeffrey Shapiro, qui l'accompagne depuis le 17 mai, deux maîtres célèbres l'ont rejointe: Norman Siegel, un avocat célèbre des droits civiques, et Kenneth P. Thompson, ancien procureur fédéral.

DSK déménage

[New York Daily News] Dominique Strauss-Kahn, mis en liberté surveillée sous caution le jeudi 19 mai, a déménagé dans la nuit de mercredi à jeudi. Il attendra la suite de sa procédure judiciaire pour agression sexuelle et tentative de viol non plus au 71, avenue Broadway mais au 153, Franklin Street, dans un immeuble beaucoup plus luxueux.

D'après le New York Daily News, la maison vaut 14 millions de dollars (un peu moins de 10 millions d'euros) et possède sa propre salle de cinéma privée, sa salle de sport avec son spa et une terrasse. Elle est située dans le très cher quartier de Tribeca, constitué d'anciens hangars et usines retapés en lofts et maisons luxueuses. «S'il n'était pas assigné à résidence 24h/24, le chaud-lapin jet-setter pourrait traîner avec ses voisins de TriBeCa Jay-Z, Harvey Keitel, Ed Burns et sa femme Christy Turlington», précise le New York Post.

Voici une photo du salon d'après l'agence d'immobilier Town Real Estate:

Le déménagement arrive à point nommé, affirme le New York Daily News: quand des journalistes ont demandé à l'un de ses avocats William Taylor comment DSK s'habituait à l'assignation à résidence, celui-ci à répondu: «Il s'ennuie beaucoup.»

 

Photo: Dominique Strauss-Kahn au Brésil en mars 2011. REUTERS/Ueslei Marcelino
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Publié le 26/05/2011
Mis à jour le 26/05/2011 à 18h33