Monde

Les placements opaques de Kadhafi à la Société générale

Slate.fr, mis à jour le 26.05.2011 à 11 h 02

NBP Gold / covilha via flickr by licenseCC

NBP Gold / covilha via flickr by licenseCC

Le colonel Kadhafi aurait placé 1,8 milliard de dollars (1,27 milliard d’euros) de la rente pétrolière libyenne dans des produits financiers complexes de la Société générale, révèle un article du journal Le Monde, le 26 mai. La banque aurait alors agi en toute légalité jusqu’à l’imposition des sanctions internationales sur le régime de Kadhafi, afin de l'empêcher de se fournir en armes et de payer ses mercenaires, début 2011 (la Société générale n’a alors pas rendu publics les «placements opaques» du colonel).

Le journal explique aussi que la Libyan Investment Authority (le fonds souverain libyen) «a confié l’équivalent de 335 millions de dollars (236 millions d’euros) en devises variées à deux banques, la britannique HSBC et à l’américaine Goldman Sachs». Selon le Huffington Post (3 janvier 2011), la Libyan Investment Authority disposait de plus de 70 milliards de dollars en immobilisations et en réserve (la majeur partie dans des entreprises et des banques européennes) avant le «gel des avoirs» effectué lors du soulèvement libyen, en 2011.

Des ONG soupçonnent des transferts sur les comptes personnels de Kadhafi et de ses fidèles. Charmian Gooch, directrice générale de Global Witness explique au journal Le Monde:

«Les grandes institutions financières privées ont accepté de faire fructifier l'argent du régime libyen en dépit des risques évidents de détournement des avoirs de l'Etat à des fins personnelles. Ces banques ont aidé à renforcer un pouvoir obscène.»

Les placements dont bénéficie la LIA sont opaques et ne peuvent donc pas être réellement quantifiés.

Cet article souligne donc la facilité avec laquelle les dictateurs placent leurs avoirs auprès «d’enseignes prestigieuses et renommées, peu regardantes face aux pillages des ressources de leur pays». Ils disposent alors de coûts et de risques faibles gérés par des banquiers privés, des experts comptables ou des avocats internationaux.

Les banques se sont défendues en soulignant la difficulté à faire la différence entre actifs nationaux et fortune personnelle de dictateurs. Elles complètent en rappelant qu’avant le lancement de la rébellion libyenne, le régime libyen était choyé par les grandes puissances

Or, les ONG Sherpa et Transparence International avaient déposé plainte devant le justice en 2008 contre des régimes corrompus d'Afrique du Nord et du Moyen-Orient, explique Owni. Le site explique:

«En avril 2009, le tribunal de grande instance de Paris s’était opposé à l’ouverture d’une enquête, et il avait fallu une décision de la Cour de cassation en novembre 2010 pour casser ce premier avis.»

Or les révolutions récentes pourraient relancer ces procédures. En mars 2011, le procureur de la République de Paris, Jean-Claude Marin, a été saisi pour identifier les biens des clans Ben Ali-Trabelsi et Kadhafi.

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